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Coronavirus: vers une quarantaine moins longue pour les cas contacts?

Un auxiliaire médical effectue des tests au coronavirus sur un parkin de Tel Aviv (Israël) le 4 septembre 2020

Un auxiliaire médical effectue des tests au coronavirus sur un parkin de Tel Aviv (Israël) le 4 septembre 2020 - JACK GUEZ © 2019 AFP

Le ministre de la Santé Olivier Véran a confirmé ce week-end sur BFMTV qu'il avait demandé aux autorités sanitaires de se pencher sur la durée d'isolement imposée aux "cas contacts".

Isoler moins pour isoler mieux. La quarantaine de 14 jours, plus communément appelée quatorzaine depuis que le coronavirus s'est fait connaître au monde entier au début de l'année, va-t-elle être réduite en France? La question a été soulevée cet été par Olivier Véran, comme l'a révélé RMC jeudi dernier, le ministre de la Santé y voyant une occasion d'être plus efficace dans la luttre contre la propagation du Covid-19. Une éventuelle mesure qui ne concernerait que les "cas contacts", et pas les personnes infectées.

"J'ai demandé aux autorités scientifiques de me donner un avis pour réduire cette fameuse quatorzaine, qui est sans doute trop longue", a confirmé le ministre sur notre antenne ce week-end, alors invité de Ruth Elkrief, le rendez-vous. Sans annoncer quand une décision en ce sens était attendue.

Actuellement, quand un personne est contaminée par le Sars-Cov-2, les brigades de l'Assurance maladie ont pour mission de récolter ses "cas contacts", les personnes croisées par le malade les jours précédant son dépistage. Ces dernières doivent se faire tester à leur tour, et observer un isolement d'au moins 14 jours même si leur dépistage se montre négatif. Un SMS leur annonce quand est-ce qu'elles peuvent à nouveau sortir une fois la quatorzaine terminée.

Problème: ces quarantaines ne sont légalement pas obligatoires, aucun contrôle n'est mené à domicile, et rien ne peut donc garantir qu'elles sont respectées correctement.

Un isolement de 5 à 7 jours?

"Plus c'est court, plus c'est facile à observer, plus c'est efficace", juge l'épidémiologiste Antoine Flahaut, interrogé par le JDD ce dimanche. Directeur de l'Institut de santé globale à Genève, ce spécialiste affirme que "les données montrent aujourd'hui que l'essentiel des contagions se fait dans la fenêtre des cinq premiers jours après les symptômes". Il plaide pour un isolement de "cinq voire sept jours", "plus pragmatique" selon lui.

Ancien directeur général de la Santé, William Dab estime pour sa part que ce ne "serait pas prudent", toujours auprès de nos confrères. "On baisserait la garde au moment où la circulation virale redevient très active", craint-il.

Même prudence pour Martin Blachier, jeudi sur RMC, qui a expliqué sa réticence à alléger la quatorzaine, tout en appelant à mieux qualifier les personnes qui présentent un vrai risque de contamination: "deux tiers" du million de tests réalisés chaque semaine "sont des gens qui pensent être des cas contacts" et il y a en tout et pour tout "3% de résultats positifs", a-t-il énuméré. Ce qui lui a fait craindre, en l'état actuel des choses, qu'"on se retrouve avec 90% des quatorzaines qui sont inutiles".

https://twitter.com/jmaccaud Jérémy Maccaud Chef d'édition BFMTV