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Coronavirus: le plan du Conseil scientifique en cas de deuxième vague

Jean-François Delfraissy, le président du Conseil scientifique, a fait savoir lors de son audition à l'Assemblée ce jeudi que "le risque d'une vraie deuxième vague" devait être "considéré".

Le président du Conseil scientifique, auditionné ce jeudi devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur la gestion de la crise du coronavirus, a estimé qu'un second "confinement généralisé" de la population française en cas d'émergence d'une deuxième vague de Covid-19 ne sera ni "possible ni souhaitable". L'hypothèse d'une deuxième vague est en revanche bien envisagée.

"L’ensemble du Conseil scientifique considère que le risque d’une vraie deuxième vague (et non pas d’une réapparition) en Europe venant de l’hémisphère Sud, fin octobre, en novembre ou en décembre, est un risque qui doit être considéré", a déclaré Jean-François Delfraissy devant la commission d'enquête.

"Un 2e confinement ne sera pas accepté"

"Et donc il faut se préparer. Et ne pas se retrouver dans la situation dans laquelle nous nous sommes trouvés le 12 mars", a-t-il affirmé, précisant qu'il évoquait cette possibilité à la lumière "de ce qui se passe dans l'Hémisphère sud et considérant l'ensemble des particularités de ce virus qui est un coronarum et qui ressemble à un virus grippal". "C'est bien là l'enjeu pour qu'on ne revive pas le 12 mars".

Jean-François Delfraissy a ensuite affirmé qu'"un confinement généralisé tel qu'il a été mis en place en mars ne sera ni possible ni souhaitable". "Pour aller au fond des choses, (il) ne serait pas accepté par la population française", a poursuivi le président du Conseil scientifique, pour qui "les raisons ne sont pas qu’économiques, elles sont aussi sociétales".

"Tout est encore à construire"

Il considère encore qu'en cas de seconde vague de coronavirus, le Conseil scientifique devra "conseiller" aux autorités "un confinement partiel" de la population. "Une difficulté se poserait alors au gouvernement", souligne le Pr Delfraissy: comment expliquer aux Français la mise en place d'un système à deux mesures?

Contrairement à ce qui s'est passé ces trois derniers mois, "il y aura là une population jeune peu à risque qui pourra continuer à travailler et à aller à l’école, à avoir une vie normale en prenant évidemment l'ensemble des précautions nécessaires. Et de l’autre côté, une population plus âgée, plus à risque, qu’il faudra protéger", et d'une certaine manière "ostraciser".

Mais "ce temps de préparation, au cas où le virus repartirait, devra être précédé d'un certain nombre de plans de préparation", a prévenu Jean-François Delfraissy, annonçant: "tout est encore à construire". "Notre rôle n'est pas de faire de la prédiction mais d'anticiper, de mettre sur la table à destination des politiques, ce qui pourrait éventuellement se passer (...) On peut aussi imaginer que d'ici cette période, on ait enfin des données médicales. En termes de médicament, on peut imaginer qu'une prévention existe. On n'aura pas de vaccin à cette période-là, contrairement à ce qu'on entend trop en ce moment", a-t-il conclu.

Pendant cette audition, Jean-François Delfraissy a aussi reconnu avoir pris conscience "relativement tardivement" de l'ampleur et de "la gravité de la crise" du Covid-19. Le président du Conseil scientifique a confié ne pas avoir dormi "pendant trois ou quatre nuits" après la mise en place du confinement, jugeant "très difficile" de "prendre cette décision en notre âme et conscience". "C'est quelque chose qui ne s'était jamais produit", a rappelé l'imunologue face à la commission d'enquête de l'Assemblée.

Jeanne Bulant Journaliste BFMTV