BFMTV

Confinement le week-end: pourquoi le Pas-de-Calais est concerné mais pas l'Ile-de-France?

Des forces de l'ordre en train de contrôler un individu en scooter à Paris au premier jour du confinement au moins de mars 2020

Des forces de l'ordre en train de contrôler un individu en scooter à Paris au premier jour du confinement au moins de mars 2020 - Joël Saget - AGP

Le Pas-de-Calais est le seul département qui avait été placé en surveillance renforcée à rejoindre la liste des territoires confinés le week-end.

Le week-end à la maison. Le Premier ministre Jean Castex a confimé ce jeudi soir, lors d'une conférence de presse, que l'ensemble du Pas-de-Calais serait confiné le week-end à partir de ce samedi, 6 heures du matin. La préfecture du département a précisé, peu après, que cette mesure serait valable pour au moins quatre semaines.

Le Pas-de-Calais est ainsi le seul département qui avait été placé en surveillance renforcée jeudi dernier à rejoindre la liste des territoires en partie confinés. L'Ile-de-France, notamment, est pour le moment épargnée. Cette différence de traitement provoque l'interrogation de plusieurs élus locaux.

"C'est l'incompréhension. Pourquoi serions-nous les seuls, alors qu'il y avait 20 départements sous surveillance" s'est ainsi insurgé auprès du Parisien Frédéric Cuvillier, maire de Boulogne-sur-Mer.

En effet, si l'on compare les taux d'incidence entre la Seine-Saint-Denis et le Pas-de-Calais, on remarque qu'il s'élève dans les deux cas à 406 pour 100.000 habitants. Alors, comment expliquer cette différence de traitement?

La principale explication tient au fait que le taux d'incidence n'est pas le seul critère pris en compte par les autorités sanitaires et le gouvernement. Lors des discussions entre l'exécutif et les élus locaux visant à trancher sur les mesures mises en place localement, ils ont aussi pris en compte notamment la présence des variants étrangers, la vitesse de circulation du virus ou encore la pression hospitalière.

• Une accélération de la circulation du virus

Le Pas-de-Calais, avec l'Ile-de-France, est donc l'un des territoires à dépasser les 400 cas pour 100.000 habitants sur sept jours. Un taux d'incidence bien supérieur au seuil d'alerte maximale qui a été fixé à 250 cas.

Mais ce qui inquiète les autorités sanitaires, c'est que la circulation du virus semble s'accélérer ces dernières semaines. Dans un point de situation de l'Agence régionale de Santé des Hauts de France datant du 26 février, et relayé par Franceinfo, l'organisme affirme ainsi que le taux de positivité des tests s'élève à 9,4% dans les Hauts-de-France, contre une moyenne nationale à 7,3%. Cette accélération s'explique notamment par la présence de plus en plus forte du variant britannique. Désormais, ce dernier représente plus de 50% des cas de contaminations.

Néanmoins, la circulation du virus est aussi rapide en Ile-de-France. Sur les sept derniers jours, selon les données de Santé publique France, le taux d'incidence a augmenté en moyenne de 16,3% dans les huit départements franciliens, contre 14,9% dans le Pas-de-Calais.

• Une forte tension hospitalière

Cette différence de traitement entre les deux territoires tient ainsi principalement à la différence du taux d'occupation des lits de réanimation. En Ile-de-France, la capacité hospitalière initiale en réanimation est de 1150 lits. Pour le moment, 864 sont occupés par des patients atteints du Covid-19, soit un taux d'occupation de 75%.

Dans les Hauts-de-France, le taux d'occupation vient cependant de passer la barre des 100%, pour s'établir à 102%. Dans le Pas-de-Calais, le nombre de patients pris en charge en réanimation atteint ainsi le pic de la deuxième vague. Deux patients hospitalisés à l'hôpital de Dunkerque ont ainsi dû être transférés dans des hôpitaux situés en Normandie ce mardi.

• Un accord des élus locaux

Enfin, il faut rappeler que cette décision d'un confinement le week-end ou non a été prise en consultation avec les élus locaux. Or, dans le Pas-de-Calais, plusieurs d'entre eux, notamment le maire d'Arras, Fréféric leturque, s'étaient exprimés en faveur de ces confinements le week-end. A l'inverse, Anne Hidalgo avait jugé cette mesure "inhumaine" et sy'était fermement opposée pour la capitale.

Ce jeudi soir, le Premier ministre a été clair. La liste des départements concernés pourrait changer dans les prochaines semaines en fonction de l'évolution de la situation sanitaire.

Cyrielle Cabot Journaliste BFMTV