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Risques AVC

Un véhicule du Samu (photo d'illustration)

Un véhicule du Samu (photo d'illustration) - Loïc Venance - AFP

La communauté médicale alerte sur une autre crise sanitaire qui pourrait venir se greffer à celle liée à la pandémie de Covid-19.

Alors que plus de la moitié de la population mondiale est appelée à se confiner pour faire face à la pandémie de coronavirus, ce virus ne doit pas faire oublier les autres problèmes de santé pouvant survenir ou les maladies chroniques qui touchent certaines personnes. 

"Même au cœur d'une crise, les soins de base doivent se poursuivre: les bébés naissent, les vaccins doivent être dispensés et les gens ont toujours besoin de leurs traitements vitaux", a d'ailleurs martelé lundi le patron de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) Tedros Adhanom Ghebreyesus, cité par l'Agence France-Presse (AFP).

"Après la vague Covid, on risque d'avoir une vague de patients qui n'ont pas appelé le 15 et qui seront restés avec leur AVC (accident vasculaire cérébral) chez eux et on risque d'avoir une vague de séquelles d'AVC après cette vague Covid", alerte sur BFMTV le professeur Pierre Amarenco, chef du service de neurologie à l'hôpital Bichat, à Paris.

"Course contre la montre"

En cas de symptômes d'AVC, "on appelle le 15 car c'est une course contre la montre pour donner un traitement dans les trois heures dans l'idéal, et au maximum dans les 6 heures. Au-delà de 6 heures, on peut rarement faire des choses qui permettent de guérir l'AVC", rappelle le neurologue.

Selon Pierre Amarenco, depuis le début de la crise sanitaire du coronavirus, "on a une chute considérable du nombre d'AVC et d'accidents ischémiques cérébraux transitoires qui arrivent à l'hôpital".

Pour ce médecin, les patients sont effrayés par un risque de contagion à cause de la saturation des hôpitaux et la présence de patients atteints du Covid-19.

"Ce qu'ils doivent comprendre, c'est que les hôpitaux sont organisés pour avoir une filière Covid négative, c'est-à-dire que s'ils viennent pour un AVC à l'hôpital, nous ferons tout pour qu'ils ne croisent pas un patient qui est infecté par le Covid. Ils seront mis dans des unités spéciales, unités où il n'y a pas de patient Covid positif. C'est très important pour les patients qu'ils sachent qu'ils ne seront pas en contact avec des patients Covid et qu'ils doivent tout de même appeler le 15", exhorte Pierre Amarenco. 

"On a gardé des lits mais on ne les voit pas"

"Les autres pathologies (que le Covid) restent sous le radar", confirme auprès de l'AFP le professeur Elie Azoulay du service de réanimation de l'hôpital Saint-Louis à Paris. "On a gardé des lits (pour eux), mais on ne les voit pas". 

En cas d'AVC, plusieurs symptômes peuvent alerter la personne qui le subit ou les personnes autour. Selon le site du ministère des Solidarités et de la Santé, l'accident vasculaire peut engendrer une déformation de la bouche et une absence de symétrie du sourire. Un côté du corps peut également être plus faible que l'autre. 

"Lorsqu'on demande à la personne de lever les deux bras devant elle, l'un des bras ne peut être levé ou rester en hauteur, il retombe", étaye le ministère. 

Un troisième symptôme peut se manifester à travers des troubles de la parole. La personne qui subit un AVC peut avoir des difficultés à s'exprimer ou à comprendre ce qui lui est dit. Dans ces cas-là, comme l'exhorte le docteur Amarenco, "c'est une course contre la montre", et il est nécessaire d'appeler le 15.

Clarisse Martin