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Un droit à la déconnexion bientôt reconnu

Six actifs sur dix aimeraient que des règles clarifient l'usage des nouvelles technologies en dehors du temps de travail.

Six actifs sur dix aimeraient que des règles clarifient l'usage des nouvelles technologies en dehors du temps de travail. - Nicolas Nova - CC - Flickr

A partir du 1er janvier 2017, les salariés ne pourront plus se voir reprocher d’avoir coupé leurs smartphone le soir ou en vacances. Pour l’heure, plus d’un tiers des actifs utilisent les outils numériques professionnels en dehors du temps de travail.

Consulter sa boite mail pro pendant les vacances ou pas? La réponse n’est pas toujours claire. Réussir à couper au risque de se faire réprimander pour avoir manquer un mail important pendant ses congés... Pour mettre un terme à ce dilemme, six actifs sur dix estiment que des règles devraient être mises en place de façon à clarifier les frontières entre vie personnelle et professionnelle, brouillées par les nouvelles technologies.

L’étude Eléas Pratiques numériques 2016 publiée le 24 octobre confirme la tendance des salariés à se connecter sur leur boite mail pro en rentrant chez eux ou pendant leurs congés, et affirme la nécessité de la réguler.

Négocier le droit à couper

C’est justement le but du droit à la déconnexion, intégré à la loi Travail porté par Myriam El Khomri et passé quasi inaperçu dans la vague de contestations. Il prévoit que les entreprises de plus de 50 salariés négocient avec les partenaires sociaux un accord fixant les modalités de ce droit à déconnecter.

En mentionnant dans chaque mail que les salariés ne sont pas tenus de lire ou répondre aux courriels en dehors des temps de travail, par exemple. En cas de blocage, les directions mettront en place une charte du bon usage du numérique.

Les cadres et les jeunes, les plus demandeurs de règles

Quoi qu’il en soit, l’arrivée de ce droit à la déconnexion dans le code du travail a le mérite d’obliger directions et syndicats à se mettre autour de la table pour réfléchir à l’usage du numérique.

Les salariés sont demandeurs: en particulier les cadres et les jeunes, dont les trois quarts attendent une clarification des règles. Ce sont aussi ceux qui utilisent le plus les outils numériques: huit sur dix y ont recours plus de trois heures par jour.

Un actif sur cinq bénéficie d'un droit à se déconnecter

Pour l’heure, on en est loin. Aujourd’hui, seul un actif sur cinq considère que son entreprise intervient pour limiter l’utilisation des outils numériques hors du temps de travail, selon l’étude Eléas, cabinet spécialisé en qualité de vie au travail.

Pourtant, plus d’un tiers des actifs utilise les outils numériques presque tous les jours hors du temps de travail. Et même six sur dix chez les artisans, commerçants, chefs d’entreprise.

Rozenn Le Saint