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Davantage de stress pour les travailleurs atteints de psoriasis

Près d’un actif atteint de psoriasis cutané modéré 
à sévère sur trois déclare avoir déjà été licencié ou ne pas avoir eu son contrat de travail renouvelé.

Près d’un actif atteint de psoriasis cutané modéré 
à sévère sur trois déclare avoir déjà été licencié ou ne pas avoir eu son contrat de travail renouvelé. - Celgene

France Psoriasis et Celgene publient la première enquête sur les salariés atteints de cette maladie de la peau, victimes d’idées reçues qui altèrent leur intégration professionnelle.

Des grosses plaques rouges qui démangent, mais surtout qui dérangent au travail. Plus d’1,5 million de Français seraient touchés par un psoriasis, cette maladie chronique et inflammatoire qui atteint le plus souvent la peau, mais provoque également des rhumatismes, dans un cas sur trois. Avec alors un double impact dans la sphère professionnelle.

Les rhumatismes empêchent de réaliser des tâches trop physiques. L’effet cutané, lui, est la cible de multiples préjugés, comme le fait que la maladie serait contagieuse ou due à un manque d’hygiène. Il n’en est rien. Elle serait aussi psychologique: toujours faux. Il existe un terrain génétique et si le stress est un des facteurs déclenchant, le froid ou les médicaments comme les bétabloquants le sont également.

Le poids des tabous

"Bien souvent, les employeurs s’imaginent que les personnes atteintes de psoriasis ne résisteront pas au stres, regrette Roberte Aubert, présidente de France Psoriasis. Le poids des tabous fait que la maladie ne suscite pas d’empathie." Sans compter les remarques et préjugés des collègues ou clients. La première enquête de l’association, diffusée ce 9 octobre, révèle que sept actifs atteints de psoriasis cutané modéré à sévère sur dix déclarent avoir déjà subi des moqueries au sujet de leur apparence physique sur leur lieu de travail. Et presque autant à propos de leur niveau d’hygiène…

Absentéisme et dépressions

"De quoi s’enfermer dans l’absentéisme ou conduire à des dépressions", déplore Roberte Aubert. Elle se souvient de ce jeune garçon apprenti charcutier. Alors qu’il portait des gants, la clientèle ne supportait pas d’être servie par un boucher atteint d’une maladie de la peau. D’ailleurs, l’enquête montre que près d’un actif atteint de psoriasis cutané modéré à sévère sur trois confie avoir déjà été licencié ou ne pas avoir eu son contrat de travail renouvelé.

De quoi stresser davantage: entre 51 et 66% d’entre eux sont davantage susceptibles de penser au travail dès le matin en se levant (contre 45% des actifs en général) et le soir en se couchant (de 55 à 77% contre 47%). "Tout ce qui est métier de contact, où il faut paraître, pose problème et cela joue sur la confiance en soi", témoigne cette ancienne conseillère d’orientation qui, elle, a dû partir en retraite anticipée car son psoriasis palmo-plantaire l’empêchait de marcher.

Aménagements possibles

Pour le tiers de personnes atteintes d’un psoriasis qui provoque des rhumatismes, c’est la double peine. Pourtant, des reconversions vers des postes moins physiques ou des aménagements horaires seraient envisageables.

"En cas de poussée, le télétravail est bien pratique, rappelle la présidente de l’association France Psoriasis. Le rhumatisme psoriasique réveille les personnes en fin de nuit, le dérouillage est difficile le matin puis cela va mieux l’après-midi." Un mi-temps thérapeutique l’après-midi s’avère alors idéal.

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Et plus globalement, pour freiner les préjugés, la sensibilisation compte. D’où cette campagne lancée à l’occasion de la semaine pour la qualité de vie au travail.

Rozenn Le Saint