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Bébés nés sans bras: "J'ai eu autant de causes possibles que de discussions avec les médecins"

Après la publication d'un rapport de l'agence nationale de santé publique ce jeudi, les familles des enfants nés sans main, sans bras ou avec une malformation des membres supérieurs restent sans réponse.

Que s'est-il passé dans l'Ain, en Bretagne et en Loire-Atlantique pour que des bébés naissent sans main, sans poignet, sans bras ou avec des membres mal formés? Depuis 2007, 14 enfants sont nés avec une agénésie transverse des membres supérieurs dans ces trois zones de France.

L'agence nationale de santé publique a mené une enquête épidémiologique dont elle a publié les résultats ce jeudi. En Bretagne et en Loire-Atlantique, elle y voit bien des "excès de cas". Dans l'Ain, Santé Publique France n'en recense pas par rapport à la moyenne nationale, alors que le Registre des malformations congénitales de Rhône-Alpes (Remera) pointe une occurrence 58 fois supérieure à la normale.

"Ils se trompent! Ils partent du principe que le taux n’est pas anormal, car il y a eu sept cas de 2000 à 2014. Or, ce nombre a été recensé sur une période bien plus courte, entre 2009 et 2014", fait valoir Emmanuelle Amar, directrice du Remera, dans Le Parisien.

Toujours aucune hypothèse

Alors que la question même du financement du Remera se pose actuellement, Santé Publique France ne peut pour le moment avancer aucune hypothèse quant à la cause de ces malformations.

"J'ai parlé avec des pédiatres, j'ai parlé avec des gynécologues, j'ai parlé avec plein de médecins différents, j'ai eu autant de causes possibles que de discussions avec les médecins, autant dire donc que je n'avais pas de réponse", témoigne Isabelle Grassin-Taymans, mère d'une petite Charlotte de six ans qui n'a pas d'avant-bras gauche.

Le handicap n'a pas été détecté pendant la grossesse. A la naissance de sa fille, cette femme qui est aussi médecin avait alerté les autorités sanitaires. Dans leur seule commune de Guidel, dans le Morbihan, il y a eu trois autres cas entre 2011 et 2013.

"Probablement des approches multifactorielles"

Isabelle risque toutefois de rester sans réponse encore un moment. "Aujourd'hui, on n'a pas d'hypothèse particulière, probablement qu'il y a des approches multifactorielles", avance devant la presse François Bourdillon, directeur de Santé publique France.

L'agence rappelle néanmoins que si aucun facteur commun n’a été dégagé, cela ne veut pas dire qu'il n’existe pas. En l'absence de pistes, difficile de mener d'autres investigations, mais une surveillance particulière reste maintenue.

Liv Audigane, avec Pierre-Emmanuel Bécet, Jérémy Muller avec Anne-Sophie Warmont