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Avec les incendies, l’Australie a demandé des greffons de peau à la France

Les feux continuent de ravager l'Australie.

Les feux continuent de ravager l'Australie. - AFP

Au-delà des plus de 100.000 kilomètres carrés réduits en cendres, les incendies qui ravagent l’Australie depuis septembre ont déjà tué près d’une trentaine de personnes, et en ont blessé de nombreuses autres. Des brûlés - pour la plupart - pour qui l’Australie a lancé un appel à la solidarité, notamment à la France.

Ce sont des appels rares, liés à des catastrophes, qui peuvent donner lieu à des demandes inattendues. "Avec les incendies, l’Australie connaît une quantité de patients brûlés très importante. Elle n’a pas assez de peau pour soigner tous ses brûlés. Elle a donc demandé à la France, comme à d’autres pays, de l’aider en lui fournissant de la peau stockée dans des banques qui peuvent répondre à des situations d’urgence de ce type", dévoile à BFMTV le professeur Olivier Bastien, directeur Prélèvement Greffe organes-tissus à l’agence de Biomédecine. 

L’institution sanitaire a donné son feu vert, mais elle ne précise pas encore si des greffons ont effectivement été acheminés en Australie, ni combien. Généralement, les médecins préfèrent prendre la partie saine de la peau d'un patient pour la greffer sur la zone brûlée. Mais lorsque cette zone dépasse 50% du corps, la quantité de peau devient insuffisante. L’autogreffe est également exclue en cas de grave infection du patient. Dans ces cas, recourir à la peau provenant de donneurs décédés est le seul recours.

Des réserves satisfaisantes

Les stocks de peau varient d’une année sur l’autre. Actuellement, après des années difficiles, les réserves françaises sont plutôt satisfaisantes: "Il y a beaucoup de demandes l’été à cause des barbecues. Cette année, il y a dû y en avoir moins. Nous avons aussi fait des campagnes pour faire connaître les greffes de tissus parce qu’on en manque régulièrement, c’est le cas des cornées par exemple", ajoute le professeur Bastien.

Une peau pourrait-elle supporter les plus de 16.000 kilomètres à parcourir entre la France et l’Australie? "Il faut trouver un moyen d’exporter, mais techniquement, on peut le faire", assure le médecin.

La peau est un tissu moins exigeant que les organes en termes de comptabilité: on ne tient pas compte du groupe sanguin, mais de critères morphologiques, d’âge, de qualité, de souplesse aussi. "La peau sera provisoire. Au bout de quelques semaines, elle sera rejetée. Mais cela permet aux couches plus profondes de se régénérer, alors que sans peau, les couches profondes vont également mourir et il n’y aura pas de guérison", détaille le spécialiste de l’Agence de biomédecine.

L'Australie dispose de trois banques de tissus cutanés provenant de donneurs. Ils sont envoyés dans les services de grands brûlés.

Margaux de Frouville