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AVC: les bons réflexes pour agir vite et bien

L'AVC survient quand une artère cérébrale se bouche ou se rompt. (Illustration, vue d'un cerveau humain)

L'AVC survient quand une artère cérébrale se bouche ou se rompt. (Illustration, vue d'un cerveau humain) - -

L'accident vasculaire cérébral peut non seulement être dramatique, mais il est aussi en progression. Les facteurs de risque sont innombrables de sorte que tout le monde est concerné, même les jeunes.

L'accident vasculaire cérébral ou AVC détient de tristes records. Il est la première cause de handicap acquis de l'adulte et la première cause de mortalité des femmes en France. Il tend d'ailleurs à devenir la deuxième cause de mortalité tout court. Selon une enquête Ipsos, 155.000 personnes y sont confrontées chaque année, 62.000 en meurent.

A l'occasion de la journée mondiale des accidents vasculaires cérébraux qui a lieu ce mardi, le gouvernement lance une nouvelle campagne d'information intitulée: "AVC, agir vite c'est important". Spots radio, affichage, campagne sur Internet, le message se veut très didactique et décrit les symptômes immédiats avant de rappeler la nécessité d'appeler très rapidement le 15. Pour en savoir plus sur ces accidents très communs, BFMTV.com a fait le point avec un médecin spécialiste.

> Qu'est-ce qu'un AVC?

Il existe deux types d'AVC, explique Claire Join-Lambert, neurologue vasculaire à l'hôpital Saint-Joseph, à Paris. "Dans 80% des cas, il s'agit d'un AVC ischémique ou infarctus cérébral", précise la spécialiste. Dans ce cas, l'artère "se bouche". Le deuxième type d'AVC, moins fréquent donc, est "de type hémorragique, autrement dit un hématome cérébral". Ici, l'artère est rompue.

Le second type d'AVC est plus "sévère" encore que le premier puisque "la mortalité de l'ordre de 30%, à trois mois" est plus importante.

> Quels en sont les symptômes?

Les symptômes sont divers. Ils peuvent se constituer par la "survenue brutale", la spécialiste insiste sur ce qualificatif, d'un trouble touchant un côté du corps, comme une "faiblesse ou un engourdissement". Une autre manifestation de l'AVC peut être concrétisée par un trouble du langage, "soit un trouble de l'élocution, soit une difficulté à trouver ses mots, voire des troubles de la compréhension". Le troisième de signes est d'ordre visuel. Il peut s'agir "d'une amputation du champ visuel" ou de la "cécité d'un œil". Enfin, des "troubles de l'équilibre" peuvent accompagner ces différents maux.

Mais d'autres signes avant-coureurs doivent aussi être notés. Ainsi, une victime d'AVC sur quatre a préalablement fait un AIT ou accident ischémique transitoire. Il s'agit du même type de troubles que ceux causés par un AVC à cette nuance près qu'ils durent moins d'une heure. "L'artère finit pas se déboucher spontanément", explique le médecin pour qui cela doit être compris comme une alerte, un coup de semonce qui doit pousser le patient à consulter en urgence.

> Comment faut-il réagir?

La réponse est simple: il faut composer le 15, c’est-à-dire le numéro du Samu. C'est important car ce sont les services d'urgence qui vont essayer de faire prendre en charge la personne par une unité neuro-vasculaire. "Ces unités n'existent pas dans tous les hôpitaux", note la neurologue.

En cas d'infarctus cérébral, les patients sont soignés par "thrombolyse". Il s'agit en fait de désagréger à l'aide de médicaments administrés par perfusion les caillots sanguins qui obstruent l'artère. Cette technique est aussi employée en cas d'infarctus du myocarde ou pour certaines embolies pulmonaires. Ce traitement, "le plus efficace à ce jour", ne peut se faire "que dans les quatre heures trente qui suivent l'installation des troubles". Un délai qui ne doit pas empêcher d'agir au plus vite car "chaque minute compte", insiste la spécialiste. "Et chaque minute où l'artère est bouchée se solde finalement par des morceaux de cerveaux en moins que les patients ne récupéreront pas".

> Quels sont les facteurs de risque?

Les facteurs de risques sont multiples, mais bonne nouvelle, une bonne hygiène de vie permet de les éviter. A part l'âge bien sûr qui entraîne parfois une hypertension. Le tabac, l'alcool, le stress, le diabète, la sédentarité, le surpoids sont les principaux facteurs. "L'alcool est responsable de beaucoup d'accidents de type hémorragique", explique la neurologue. Ensuite, des combinaisons de facteurs, comme l'association de la pilule contraceptive et du tabac, peuvent favoriser les déclenchements d'AVC.

Quant à l'augmentation des accidents chez les jeunes, elle est due selon la neurologue à "un changement de nos modes de vie" et notamment de notre alimentation. L'obésité de plus en plus fréquente joue ici un rôle essentiel.

Quels traitements après un AVC?

Des "antiagrégants plaquettaires ou anticoagulants" sont administrés. Le but est dans le cas d'un AVC ischémique de fluidifier le sang pour "éviter que les artères ne se bouchent à nouveau". Ensuite une meilleure hygiène de vie et une pratique sportive adaptée permettent de réduire les risques.