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Accros aux écrans, les jeunes consomment plus tard alcool, tabac et cannabis

Un joint, image d'illustration.

Un joint, image d'illustration. - Kenzo Tribouillard - AFP

Aujourd'hui, le premier verre est consommé à 15,2 ans, la première cigarette à 14 ans et le premier joint à 15,3 ans, d'après l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies. C'est huit mois plus tard qu'en 2005 pour le tabac et quatre mois plus tard en moyenne pour le cannabis. Le temps passé devant les écrans serait l'un des facteurs de cette expérimentation plus tardive.

Les jeunes font désormais leur première expérience de l'alcool, du tabac et du cannabis plus tard, selon une synthèse de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) publiée mercredi, ce phénomène étant notamment lié au temps passé devant les écrans.

"Par rapport à 2005, les jeunes démarrent aujourd'hui leur consommation de tabac huit mois plus tard et celle de cannabis quatre mois plus tard en moyenne, ce qui est un écart considérable statistiquement", souligne le directeur de l'Observatoire François Beck.

Aujourd'hui, le premier verre est consommé à 15,2 ans, la première cigarette à 14 ans et le premier joint à 15,3 ans, détaille une étude de 2014 reprise dans la synthèse.

Devant les écrans, moins d'opportunités de consommer

Selon l'OFDT, l'un des facteurs de recul de la précocité, est le temps passé devant les écrans et sur Internet.

"La génération née entre 2000 et 2005, qui a entre 11 et 16 ans aujourd'hui, passe beaucoup plus de temps connectée aux écrans que la précédente, ce qui est de nature à éloigner ces jeunes d'un certain nombre d'opportunités de consommer, notamment hors du regard des adultes référents", explique François Beck.

La part des jeunes qui vont quotidiennement sur Internet a explosé en 12 ans, passant de 23% en 2003 à 83% en 2015, rappelle le rapport.

Influencés par la moindre consommation de leurs parents

Un deuxième facteur est le changement de comportement des parents, qui restent le modèle principal des jeunes adolescents jusqu'à 12-13 ans. 

"Les parents des jeunes de cette génération sont nettement moins consommateurs de tabac et d'alcool que les générations précédentes, et cela a un impact sur les représentations des habitudes de vie offertes à voir aux jeunes, avec moins d'alcool et de tabac dans le quotidien", souligne François Beck.

Effet aussi des politiques publiques

Enfin, les politiques publiques de prévention ont modifié "l'environnement".

"Même si ces mesures ont chacune des limites en terme d'application et d'efficacité, elles ont un impact sur la norme: plus personne aujourd'hui n'imagine par exemple fumer dans un lieu public fermé, alors que dans les années 1990, c’était encore la norme", souligne François Beck. 

Parallèlement, les consommations ont baissé: la consommation d'alcool mensuelle des jeunes de 15 ans a chuté de 58% en 2006 à 42% en 2014, le tabagisme quotidien a baissé de 18% en 2006 à 15% en 2014, l’expérimentation de cannabis à 15 ans étant pour sa part restée stable à 28% entre 2006 et 2014.

V.R. avec AFP