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3.000 chevaux au coeur d'un nouveau scandale de la viande

Des chevaux de selle impropres à la consommation ont été introduits dans le circuit de l'alimentation humaine (photo d'illustration).

Des chevaux de selle impropres à la consommation ont été introduits dans le circuit de l'alimentation humaine (photo d'illustration). - -

Un trafic de chevaux de selle, impropres à la consommation mais vendus à des abattoirs, a été signalé. 3.000 bêtes au moins seraient concernés.

Après le scandale des lasagnes au cheval l'hiver dernier, la filière viande est de nouveau ébranlée par un trafic présumé de viande chevaline, dont l'ampleur reste à déterminer. Le scandale concerne cette fois des chevaux de selle, impropres à la consommation. Selon le parquet de Marseille, 3.000 chevaux seraient concernés.

Selon des syndicats agricoles, c'est un réseau mafieux belge qui aurait mis en place ce trafic. Il aurait acheté des chevaux de selle à des centres équestres ou à des particuliers, en leur promettant une retraite paisible. Ils auraient ensuite falsifié leurs carnets de santé et tenté de les faire abattre pour les écouler dans le circuit de l'alimentation humaine.

Une quinzaine de preuves "partout en France"

Plus grave, beaucoup de chevaux de loisirs ont reçu un traitement médicamenteux qui les rend impropres à la consommation, rapportent la Coordination rurale, le deuxième syndicat agricole français, et la Fédération nationale des éleveurs professionnels d'équidés (FNEPE).

Au moins une enquête a été ouverte, au parquet de Charleville-Mézières, après une plainte du centre équestre de Rethel. Celui-ci avait en effet vendu deux chevaux à un maquignon ardennais avant de découvrir que les bêtes, loin de passer une retraite au vert, avaient été abattues.

Mais, selon le procureur de Charleville, Daniel Bouriaud, une quinzaine de plaintes ont été recensées "un peu partout" en France. Les gendarmes de Montpellier seraient saisis ainsi qu'une juge d'instruction du pôle santé de Marseille.

Chevaux de Hollande, Belgique, France et Espagne

Outre un transporteur de Carigan, dans les Ardennes, "des transporteurs belges sont également mis en cause, ainsi qu'un certain nombre de vétérinaires belges ou français", a-t-il poursuivi. Son homologue à Marseille, Brice Robin, a précisé vendredi soir que les chevaux "provenaient apparemment de Hollande, de Belgique, de France et d'Espagne".

La Fédération nationale des exploitants d'abattoirs prestataires de service (FNEAP) a de son côté assuré n'avoir rien à voir dans cette possible fraude. Au contraire, selon elle, ce sont ses adhérents qui auraient découvert le pot aux roses.

La Fédération française d'équitation a quant à elle appelé à relativiser sur un éventuel risque sanitaire, car il est rare que l'on se débarrasse d'un cheval sous traitement.

M. T. avec AFP