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Valls estime que les frondeurs lui ont "imposé le 49.3"

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Manuel Valls, candidat à la primaire de la gauche, était l'invité ce jeudi de L'émission politique de France 2. L'ancien Premier ministre a notamment été interrogé sur sa volte-face sur la question de l'article 49.3, dont il propose de limiter l'usage après l'avoir employé six fois à la tête du gouvernement.

Un thème revient souvent dans la campagne de Manuel Valls pour la primaire de la gauche: sa position quant à l'alinéa 3 de l'article 49 de la Constitution qui permet de couper court aux discussions parlementaires pour faire adopter un texte contesté plus rapidement, en engageant la responsabilité du gouvernement. Lorsqu'il était Premier ministre, Manuel Valls l'a utilisé à six reprises sur deux projets de loi: la loi Macron et la loi Travail. Aujourd'hui, il propose cependant d'en limiter l'usage au seul contexte du vote du budget. Invité sur le plateau de L'émission politique de France 2, il a expliqué ce changement de pied. 

"Je veux tirer la leçon de mon passage à la tête du gouvernement. Je ne suis plus Premier ministre, je réfléchis à l'avenir, comme candidat à la présidence de la République, et à la réponse qu'on doit apporter à la crise de confiance en politique. Je veux une renaissance démocratique", a-t-il débuté. 

"Renouveler le travail du Parlement"

Selon lui, cette logique va de pair avec la redéfinition de la structure du Parlement et la réduction de l'application de l'article 49.3: "Il faut renouveler le travail du Parlement, avec moins de députés, moins de sénateurs pour qu'ils puissent pleinement exercer leur rôle de contrôle de l'exécutif et d'examen des lois. Et dans ce cadre, j'ai proposé que le 49.3 ne s'applique que dans les textes budgétaires."

Manuel Valls affirme que les six fois où il a employé l'article 49.3, il ne l'a pas fait de gaieté de coeur. Il assure même que cette option lui a été imposée: "On m'a imposé le 49.3!" s'est-il exclamé, déclarant ensuite que les "frondeurs " du Parti socialiste l'avaient acculé à une telle solution.

Evoquant également le Parlement, il s'est félicité d'avoir appartenu au gouvernement qui a mis fin au cumul des mandats. Manuel Valls a aussi envoyé un signal au président de l'Assemblée nationale: "Il y a un beau titre dans le rapport que Claude Bartolone a écrit avec le grand historien Michel Winock: Le parlement du non-cumul". 

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Manuel Valls

R.V.