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Un mois après son arrivée à Matignon, comment Jean Castex occupe le terrain

En l'espace d'une trentaine de jours, le Premier ministre a réalisé 23 déplacements, une manière pour lui d'occuper l'espace médiatique et d'imposer son image aux Français.

C'était il y a un mois jour pour jour. Le 3 juillet dernier, Jean Castex était nommé Premier ministre à la place d'Édouard Philippe au cours d'un large remaniement gouvernemental. Celui qui était auparavant présenté comme le "monsieur déconfinement" du gouvernement accédait ainsi à la lumière et se retrouvait également face à plusieurs défis majeurs, dont celui d'assurer les deux dernières années du difficile quinquennat d'Emmanuel Macron.

Depuis, Jean Castex a multiplié les déplacements. Ce lundi encore, le nouvel homme fort de Matignon était en visite à Lille, où le port du masque est devenu obligatoire dans certains quartiers de la ville du Nord. En l'espace d'un mois seulement, le Premier ministre s'est ainsi déplacé à 23 reprises, dont cette sortie à Nice où il avait fait montre de détermination face aux actes de délinquance. Une stratégie d'omniprésence qui est sur le point de porter ses fruits.

Notoriété et "patte Castex"

En multipliant les rendez-vous sur le terrain, Jean Castex semble vouloir agir sur l'un de ses principaux défauts: son manque de notoriété. Malgré sa cote de popularité conséquente - 55% des Français indiquent lui faire confiance dans un sondage Ifop - l'ancien maire de Prades reste largement inconnu aux yeux du grand public.

Ainsi, Jean Castex tente d'imposer sa patte, et de ne pas rester dans l'ombre d'Emmanuel Macron. Ces derniers jours, le Premier ministre a ainsi tenté de montrer les thèmes qui lui étaient chers, la sécurité donc, mais aussi un rapprochement affirmé avec les "territoires." Un style plus direct, et peut-être aussi plus accessible que celui d'Édouard Philippe, qui semble peu à peu faire mouche.

Avant de prendre ses congés d'été, Emmanuel Macron avait demandé à ses ministres de rester en "état de veille permanent." Une consigne parfaitement appliquée par Jean Castex qui profite de cette période estivale, il ne prendre que quelques jours de congés durant le mois, afin de préparer la rentrée et les 600 fameux derniers jours du mandat présidentiel.

"On attend aussi qu’il soit au rendez-vous"

De fait, malgré ce manque de notoriété, Jean Castex semble s'être rapidement habitué aux affres du pouvoir, et aux jeux de communication qui l'accompagnent. En témoigne cette scène qui avait amusé fin juillet.

Il y a deux semaines, au sortir du Conseil des ministres, le Premier ministre avait été photographié, dossiers sous le bras, ainsi qu'une feuille sur laquelle on pouvait lire une discussion avec Alexis Kohler, proche d'Emmanuel Macron, à propos du nouveau porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal. Une situation embarrassante qui, la semaine d'après, avait été réparée avec humour puisque Jean Castex avait de nouveau présenté une même note sur laquelle il avait écrit "vous ne m'aurez pas une deuxième fois", avant de souhaiter bonnes vacances aux photographes.

Pour autant, cette omniprésence peut avoir l'effet inverse. Cette multiplication des prises de parole peut en effet brouiller les messages et ainsi leur faire perdre en clarté. De plus, il existe également un danger de lassitude et de saturation de l'espace médiatique qui au final, pourraient lui desservir à moyenen échéance.

"On attend aussi qu’il soit au rendez-vous, il avait promis ses 700.000 tests par semaine, des médecins disent qu’on manque de tout, on n’est pas au niveau pour préparer le rebond de l'épidémie", conclut de son côté auprès de BFMTV Jérôme Durain, sénateur socialiste de Saône-et-Loire, qui estime que le gouvernement actuel n'agit pas suffisemment contre l'épidémie de Covid-19, qu isemble repartir dans plusieurs endroits distincts du pays.
Thomas Soulié, Anne Saurat-Dubois, avec Hugo Septier