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Un ancien candidat FN-RBM condamné pour avoir suggéré des "camps" pour les Roms

Paul-Marie Coûteaux, le 21 novembre 2010 à Paris

Paul-Marie Coûteaux, le 21 novembre 2010 à Paris - FRANCOIS GUILLOT, AFP/Archives

Paul-Marie Coûteaux, tête de liste FN-Rassemblement Bleu marine dans le VIe arrondissement de Paris aux municipales de 2014, a été condamné mercredi à 3.000 euros d'amende pour des propos, où il suggérait notamment, sur son blog, de "concentrer" les Roms "dans des camps". Il va "probablement" faire appel, a-t-il déclaré à l'AFP.

Sur son blog, Paul-Marie Coûteaux, alors président de Souveraineté, Indépendance et Libertés (Siel, un micro-parti allié au FN au sein du RBM), dont il n'est désormais plus membre, s'en prenait à la présence de Roms dans l'arrondissement huppé où il se présentait.

Parlant d'"invasion" ou de "lèpre" qui porterait atteinte à "l'ordre esthétique" du VIe arrondissement, il s'interrogeait ainsi: "Mais que peut faire M. le Ministre de l'Intérieur - à part concentrer ces populations étrangères dans des camps, où la vie serait sans doute si peu conforme à ce qu'elles escomptaient du voyage qu'elles préféreraient déguerpir d'un territoire aussi inhospitalier?".

La solution proposée par l'auteur serait "de concentrer ces personnes dans des camps, du seul fait de leur qualité de Rom", a estimé le tribunal correctionnel de Paris, qui relève que le vocabulaire "rappelle indubitablement au lecteur l'action des nazis lorsqu'ils étaient au pouvoir en Allemagne".

Paul-Marie Coûteaux avait invoqué une mauvaise interprétation de ses propos. Le tribunal répond qu'aucun passage "ne vient indiquer ou même insinuer que la référence à des camps de concentration serait purement rhétorique et ironique".

Paul-Marie Coûteaux a en outre été condamné à verser à la Maison des Potes, qui avait porté plainte, 2.000 euros de dommages et intérêts, la même somme pour les frais de justice.

"Bien trop dérisoire eu égard au mal fait par l'extrême droite et ses dirigeants qui propagent la haine contre les Roms et contre les immigrés, engendrant souffrance morale et fracture sociale et raciste dans le pays", a réagi le vice-président de l'association antiraciste, Samuel Thomas.

SOS Racisme s'est vu allouer 1.000 euros de dommages et intérêts, et là aussi, la même somme pour les frais de justice.

la rédaction avec AFP