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Rafle du Vel d'Hiv: Macron réaffirme, devant Netanyahu, la responsabilité de la France

Le chef de l'Etat "récuse les accommodements de ceux qui prétendent que Vichy ce n'était pas la France".

Le président de la République franchit un pas supplémentaire dans la reconnaissance du rôle de l'Etat français, et de la France elle-même, dans la rafle de 13.152 juifs au Vélodrome d'Hiver il y a 75 ans, le 16 juillet 1942.

"Je le redis ici: c'est bien la France qui organisa la rafle, puis la déportation, et donc, pour presque tous, la mort, des 13 152 personnes de confession juive", a déclaré Emmanuel Macron, en présence du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Le chef de l'Etat s'est placé dans la lignée de Jacques Chirac, à qui il a rendu hommage appuyé, puis de Nicolas Sarkozy et François Hollande. Alors que la France n'avait jamais reconnu son rôle dans la déportation des juifs pendant la Seconde guerre mondiale, Jacques Chirac avait déclaré, en 1995: "Ces heures noires souillent à jamais notre histoire, et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l'occupant a été secondée par des Français, par l'Etat français."

Réponse aux "faussaires" de l'Histoire

En direction notamment de la présidente du Front national Marine Le Pen, qui avait pendant la campagne présidentielle remis en cause la responsabilité de la France dans la rafle, Emmanuel Macron a lancé: "Ce que nous croyons établi par les autorités de la République, sans distinction partisane, avéré par tous les historiens, confirmé par la conscience nationale, s'est trouvé contesté par des responsables politiques français prêts à faire reculer la vérité."

"Je récuse les accommodements et les subtilités de ceux qui prétendent que Vichy ce n'était pas la France. Car Vichy, ce n'était certes pas tous les Français, mais c'était le gouvernement et l'administration de la France. Les 16 et 17 juillet 1942 furent l'œuvre de la police française, obéissant aux ordres du gouvernement de Pierre Laval (...). Pas un seul Allemand n'y prêta la main."

"Je récuse aussi ceux qui font acte de relativisme et expliquent qu'exonérer la France de la rafle du Vel d'Hiv serait une bonne chose, serait s'inscrire dans les pas du général de Gaulle et de François Mitterand, qui sur ce sujet restèrent mutiques. (...) Nos sociétés s'offrent de ces répits pendant lesquels le travail de la mémoire reste souterrain, (...) avant de retrouver le courage collectif d'affronter les fautes et les crimes. C'est pourquoi nous n'avons pas à juger ici le parti choisi par ces deux chefs de l'Etat", a prévenu Emmanuel Macron.

Louis Nadau