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Primaire de la droite: les ralliements à Juppé s'intensifient

Alain Juppé fait toujours figure de favori dans la course à l'investiture du candidat de la droite. Les ralliements en faveur du maire de Bordeaux s'additionnent. Les centristes pourraient même gonfler les rangs de ses soutiens.

A un peu plus d'un mois de la primaire de la droite, Alain Juppé caracole toujours en tête. Un nouveau sondage donne une large avance au maire de Bordeaux, loin devant l'ancien chef de l'État. Alain Juppé sort ainsi vainqueur avec 44% des voix, contre 15% pour Nicolas Sarkozy. Une tendance qui se confirme: depuis plusieurs jours, d'autres enquêtes ont évoqué l'avance de l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac. Et à chaque fois, au second tour, il l'emporte face à l'ex-locataire de l'Élysée. Si de nombreuses personnalités de droite se sont déjà ralliées à Alain Juppé, d'autres figures de taille, qui ne se sont pas encore déclarées, pourraient bousculer le scrutin qui se tiendra les 20 et 27 novembre prochains.

Une vague de ralliements pour le maire de Bordeaux…

Les ralliements en faveur d'Alain Juppé s'additionnent. Hervé Mariton a ouvert le bal à la fin du mois de septembre en annonçant qu'il soutenait le maire de Bordeaux, une semaine après l'invalidation de sa propre candidature.

"J'ai pris ma responsabilité qui est de soutenir le candidat qui m'est apparu le plus sincère, le plus sérieux et le candidat qui porte une vision optimiste de notre pays", a-t-il déclaré sur BFMTV.

Début octobre, c'est Frédéric Lefebvre, ancien proche de Nicolas Sarkozy -et candidat malheureux à la primaire qui n'avait pas recueilli les parrainages nécessaires- qui a également annoncé son soutien.

"Sans hésitation, au regard des valeurs humanistes et évolutionnaires que je défends depuis le début de mon engagement en politique (…), j'ai décidé de m'investir pleinement et positivement aux côtés d'Alain Juppé", déclare-t-il dans une vidéo, déplorant un "autoritarisme" et une "dérive identitaire" pouvant cibler Nicolas Sarkozy.

Autres soutiens notables en faveur d'Alain Juppé: le sénateur Jean-Baptiste Lemoyne, ancien proche de Jean-François Copé, et le député Philippe Gosselin, qui soutenait jusqu'à présent Hervé Mariton.

… Et quelques-uns pour Nicolas Sarkozy

Le président LR de la région Grand Est, Philippe Richert, a dit sa "confiance" en Nicolas Sarkozy "pour redresser la France". Même soutien pour Christian Estrosi, le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, qui est un ami de longue date de l'ancien chef de l'État. "Je considère que Nicolas Sarkozy a à la fois l'expérience, le tempérament, le sang-froid, la capacité à décider et aussi l'énergie pour être le président de la République", a pour sa part déclaré Christian Jacob, président du groupe LR à l'Assemblée nationale.

  • L'atout Jean-Louis Borloo

Si Jean-Louis Borloo se refuse toujours de donner le nom de son champion pour l'élection présidentielle, le fondateur et président d'honneur de l'UDI a assuré qu'il se déclarerait prochainement. L'ancien ministre de l'Écologie, en retrait de l'arène politique depuis deux ans, est l'objet de toutes les convoitises. Début octobre, Alain Juppé s'est rendu sur ses terres, à Valenciennes, en compagnie de deux parlementaires centristes et n'a pas manqué de saluer l'héritage de Jean-Louis Borloo.

"C'est un ami et ce sera à lui de dire où son cœur penche, pour qui son cœur bat", a déclaré Alain Juppé, selon France 3 Nord Pas-de-Calais. "J'ai des contacts réguliers avec lui et c'est un homme créatif qui peut apporter beaucoup au débat politique. Je sais ce qu'il a fait dans cette région et je n'ai pas été déçu de voir la façon dont la ville s'est transformée et le dynamisme qu'il a su créer, poursuivi par ses successeurs".

Les centristes avec Alain Juppé?

Si François Bayrou, le président du Modem, n'a jamais caché sa préférence pour Alain Juppé -qui est "une grande chance pour la France"- d'autres centristes pourraient faire de même prochainement. Selon L'Obs et France info, l'UDI et le Parti radical s'apprêteraient à rallier Alain Juppé. Pas vraiment surprenant: le maire de Bordeaux est le candidat qui a recueilli le plus de parrainages venant de parlementaires UDI. Sans compter que Philippe Vigier, le président du groupe UDI à l'Assemblée nationale, a déjà annoncé son soutien à Alain Juppé, estimant qu'il avait "la plus grande capacité à rassembler".

  • Pourtant, cette position ne fait pas l'unanimité: Rudy Salles, député UDI des Alpes-Maritimes et secrétaire général adjoint du mouvement, a rejoint Nicolas Sarkozy. Yves Jégo, vice-président de l'UDI, a quant à lui rallié Bruno Le Maire, tout comme Hervé Morin, président du Nouveau Centre.

Des soutiens de poids attendus

Plusieurs poids lourds de la droite ne se sont pas encore déclarés. Comme Valérie Pécresse, la présidente LR de la région Île-de-France. Alors qu'elle n'a pas encore annoncé sa préférence, l'ancienne ministre du Budget de Nicolas Sarkozy a adressé une série de propositions aux sept concurrents avant de trancher. Pareil pour Xavier Bertrand, président LR de la région Hauts-de-France et ancien ministre de Nicolas Sarkozy, qui n'a toujours pas fait son choix. 

Céline Hussonnois-Alaya