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Présidence de l'UMP: ce que les candidats ont à gagner ou à perdre

Bruno Le Maire, Nicolas Sarkozy et Hervé Mariton, sont les trois candidats à la présidence de l'UMP.

Bruno Le Maire, Nicolas Sarkozy et Hervé Mariton, sont les trois candidats à la présidence de l'UMP. - Philippe Huguen - AFP

A quelques heures de l'ouverture du scrutin pour la présidence de l'UMP, zoom sur les enjeux du vote pour les trois candidats: Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire et Hervé Mariton.

Trois candidats pour un scrutin. De vendredi, 20 heures, à samedi, 20 heures, les militants vont voter pour désigner l'un d'eux président de l'UMP. Qui peut l'emporter? Quels enjeux pour chacun des candidats?

> Nicolas Sarkozy

Ce qu'il à gagner: l'enjeu est de taille pour Nicolas Sarkozy. S'il remporte l'élection comme cela devrait être le cas samedi, l'ancien président compte tout changer à l'UMP. Le but: en faire une machine de guerre prête à l'emmener jusqu'à l'élection présidentielle de 2017, comme il l'avait fait entre 2004 et 2007. Il souhaite en faire un parti de masse, avec 500.000 adhérents à l'horizon 2017. Pour cela, il a besoin d'un score élevé.

Ce qu'il a à perdre: Dans son entourage, on s'est pris à rêver d'un score de 80% dès l'annonce du retour de l'ancien président. Une élection en forme de plébiscite. Mais peu à peu, les ambitions sont revues à la baisse: "gagner à 60% ou 70% ce serait une énorme victoire", avançait Guillaume Peltier début novembre. "En dessous de 80%, c'est le signe qu'il a loupé son départ", lance Bruno Le Maire dans le JDD. L'ancien président pourrait donc remporter l'élection, mais sans le plébiscite escompté. Ce qui lui laisserait moins de coudées franches pour réformer l'UMP comme il le souhaite.

> Bruno Le Maire

Ce qu'il a à gagner: si Bruno Le Maire a peu de chances de gagner cette élection, son score sera scruté de près samedi soir. Car s'il atteignait 25%, cela signifierait qu'il a réussi à se faire une place face à Nicolas Sarkozy. Celui qui, parti en campagne avec une poignée d'élus, a multiplié les déplacements en France, bénéficierait donc d'une réelle légitimité pour peser au sein de l'UMP, mais aussi dans la course à la primaire en vue de la présidentielle.

Ce qu'il a à perdre: sauf surprise vis-à-vis d'Hervé Mariton, un mauvais score de Bruno Le Maire, sous les 20%, signifierait que le plébiscite est bien réel pour Nicolas Sarkozy. De quoi faire craindre à l'équipe du challenger de l'ancien président qu'il décide de revenir sur le principe de primaires ouvertes, et isole son ancien ministre de l'Agriculture.

> Hervé Mariton

Ce qu'il a à gagner: Hervé Mariton le sait, il ne gagnera pas cette élection. Mais il se donne pour objectif d'atteindre "au moins" 10% samedi. Son ambition? Rappeler qu'il reste celui au sein de l'UMP qui représente une vision traditionnelle des questions familiales, et qu'il compte peser sur ce sujet au sein du parti. Il l'a d'ailleurs prouvé lors du meeting de Sens commun, le courant pro-Manif pour tous de l'UMP, où il a été très applaudi. 

Ce qu'il a à perdre: Plus "petit" candidat, Hervé Mariton est sans doute celui des trois qui a le moins à perdre dans cette élection. "Ce que je souhaite, ce n'est pas un destin personnel", insiste-t-il. "Je ne cherche pas de place, j'ai une responsabilité pour porter une vision au sein de l'UMP". Mais le député de la Drôme prend le risque de se laisser enfermer dans son combat contre le mariage homosexuel, et prend ainsi le risque de ne plus être audible sur le reste de son projet.

Ariane Kujawski