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Présidence de l'UMP: à peine ouvert, le vote connaît ses premiers couacs

Le vote électronique mis en place pour organiser le scrutin censé donner à l'UMP un nouveau président a déjà connu quelques ratés et railleries, vendredi soir, peu de temps après l'ouverture des urnes virtuelles.

Le vote électronique mis en place pour organiser le scrutin censé donner à l'UMP un nouveau président a déjà connu quelques ratés et railleries, vendredi soir, peu de temps après l'ouverture des urnes virtuelles. - Kenzon Tribouillard - AFP

Le vote électronique interne sanctionnant l'élection du président de l'UMP est officiellement ouvert. Et ce, pour une durée de 24 heures. Mais des lenteurs et l'impossibilité de se connecter pour certains adhérents ont déjà été signalés. En cause, "une attaque extérieure", selon la Haute autorité.

Cette fois, c’est parti. Les quelque 268.000 adhérents de l’UMP appelés à élire le nouveau président de leur parti peuvent, depuis ce vendredi à 20 heures, exprimer leur choix. Du moins en théorie. Dès la première heure de vote, près de 10.000 militants auraient déjà participé, pour apporter leur suffrage à Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire ou Hervé Mariton.

Mais alors que tout le monde a encore en tête le fiasco de la précédente élection en 2012, entachée par de nombreuses suspicions de fraudes et autres irrégularités, le nouveau système de vote 100% électronique a déjà livré quelques ratés, peu de temps après sa mise en route. La faute à une "attaque extérieure", selon la Haute autorité.

De quoi susciter nombre de railleries et messages désespérés de la part de certains militants.

Quand Luc Chatel n'arrive pas à se connecter

Très vite, le site presidentump2014.fr, qui héberge le scrutin, a été saturé par le grand nombre de connexions simultanées. C'est en tout cas le constat fait par de très nombreux adhérents dans l'impossibilité de se connecter.

Même le Secrétaire général du parti, Luc Chatel, a connu quelques déboires pour se connecter. Bien que très appliqué, l'ancien ministre de l'Education a dû faire face à "une erreur de connexion". BFMTV a pu immortaliser ce moment de solitude.

"Impossible de voter"

L'impossibilité de se connecter a rapidement suscité une vague de réactions désabusées et de moqueries sur les réseaux sociaux, Twitter en tête. Et ce, aussi bien pour les opposants de l'UMP que les militants du parti, encore échaudés par la catastrophe de novembre 2012 et par les défaillances qui avaient émaillé le vote électronique de la fédération parisienne, menée en 2013.

Certains se demandent déjà pourquoi l'UMP n'a-t-elle pas envisagé que son site allait connaître une si forte affluence dès l'ouverture du scrutin. D'autres, comme l'ancien ministre Dominique Bussereau, ont carrément jeté l'éponge après "une dizaine d'essais pendant deux heures".

La Haute autorité donne sa version des faits

Depuis l'ouverture du vote, l'accès au site du scrutin a été bloquée une grande partie du temps. Rien de dramatique, si l'en on croit les explications fournies par la Haute autorité indépendante missionnée pour organiser cette élection:

"S'agissant de la surveillance du système, la Haute autorité a constaté une attaque extérieure", a-t-elle indiqué, vers 23 heures. "Il s'agit de l'un des risques anticipés et les dispositions prévues ont été mises en oeuvre. Cela a pu, cependant, avoir pour effet de ralentir l'accès au site du vote".

Durant l'attaque, l'équivalent de 26.000 requêtes par seconde ont rendu le site de l'UMP hors-service, selon une information BFMTV. L'attaque venait d'un même serveur, a-t-il également été précisé.

Toujours selon cette source, plus de 11.700 votants avaient été comptabilisés à 22h30.

Bruno Le Maire se fait recadrer...

Ce début de vote, décidément très mouvementé, n'a pas seulement été marqué par les défaillances informatiques. L'un des trois candidats en lice, Bruno Le Maire, s'est fait recadrer par la Haute autorité car ses équipes auraient continué à démarcher les militants par téléphone et ce, après la fin officielle de la campagne, fixée à midi ce vendredi.

Contactées par le Scan du Figaro, ces dernières n'ont pas démenti les appels. Mais assurent n'avoir commis aucune fraude. Là aussi, les échanges ont été vifs sur les réseaux sociaux.

... et le bras droit d'Alain Juppé se moque sans détour du scrutin

Ces premières heures de vote ont également été animées par un homme: Gilles Boyer, bras droit d'Alain Juppé. Ce membre de l'UMP a enchaîné les blagues au sujet du scrutin de ce week-end, en multipliant les références sur les défaillances de novembre 2012 et sur les éventuelles irrégularités de ce vote 100% électronique.

En voici un petit florilège:

Une succession de sarcasmes qui n'ont pas plu à tout le monde, surtout dans son propre camp. Certains l'accusant de mettre en péril le projet de "rassemblement" et de "famille" porté par Nicolas Sarkozy. "Et si la politique souffrait de trop se prendre au sérieux?", a rétorqué l'accusé.

Jé. M.