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Pour Macron il est nécessaire de "comprendre comment la radicalisation advient"

Emmanuel Macron

Emmanuel Macron - Florian David - AFP

Le 21 novembre, Emmanuel Macron provoquait la polémique en évoquant la "part de responsabilité" de la société française dans le "terreau" sur lequel le jihadisme a pu prospérer. Une radicalisation mal comprise, également provoquée par la disparition de "l'idéal républicain", sur lequel le ministre  est revenu ce mercredi.

Le ministre de l'Économie, Emmanuel Macron, a appelé ce mercredi à "comprendre comment la radicalisation advient dans nos sociétés", faisant référence à "des petits compromis" qui se sont produits "à un moment donné" et qui étaient "inacceptables" dans une République.

Ne pas se focaliser sur la guerre

"Le risque qui est le nôtre aujourd'hui, c'est celui de ne pas vouloir comprendre et de rentrer uniquement dans une guerre. C'est ce qu'ils (les terroristes) attendent de nous", a affirmé le ministre lors d'une intervention à Bercy, après un hommage rendu par l'urgentiste Patrick Pelloux à l'économiste Bernard Maris, mort lors de l'attentat contre Charlie Hebdo en janvier. "Si nous refusons de regarder en face la réalité telle qu'elle est, alors nous nous abandonnerons à l'émotion du moment alors (...) que nous nous devons d'être implacables dans ce défi qui est celui de la sécurité et de la défense. Mais notre responsabilité collective, c'est aussi de comprendre comment la radicalisation dans nos sociétés advient", a affirmé le ministre, tout en soulignant que rien ne justifiait ce qu'il a défini comme un "terrorisme totalitaire qui a finalement peu à voir avec la religion elle-même".

Lorsque la République abandonne sa place

"Cela advient dans nos sociétés parce qu'à un moment donné nous avons accepté que la République abandonne sa place. Nous avons accepté des petits compromis qui n'étaient pas acceptables dans une République (...) où la laïcité ouverte est un principe, parce qu'elle permet à chaque religion dans sa densité, dans la force de ce qu'elle représente, de s'exprimer", a assuré Emmnuel Macron, à l'occasion de la remise du Prix du Livre d'économie à Jean-Baptiste Rudelle, co-fondateur de Criteo, la start-up française de ciblage publicitaire sur internet, pour son ouvrage intitulé "On m'avait dit que c'était impossible".

La "responsabilité française" dans la radicalisation

"Dans cette période que nous vivons, prendre des risques, prendre le risque d'échouer, savoir réussir et célébrer ceux qui réussissent (...), c'est le meilleur antidote à cette langueur un peu craintive qui pourrait nous étreindre", a assuré le ministre, en référence au message du lauréat. Le ministre avait provoqué la polémique, le 21 novembre, en affirmant que la société française devait assumer une "part de responsabilité" dans le "terreau" sur lequel le jihadisme a pu prospérer, en évoquant une disparition de l'idéal républicain de mobilité sociale.

A.-F. L. avec AFP