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Pour justifier son départ de la vie politique, Juppé évoque un "esprit public devenu délétère"

Alain Juppé à Bordeaux, le 14 février 2019.

Alain Juppé à Bordeaux, le 14 février 2019. - AFP - Georges Gobet

Depuis Bordeaux, l'ancien Premier ministre a profité de la conférence de presse organisée pour officialiser son départ de la mairie de la ville pour dénoncer la "stigmatisation des élites", devenue monnaie courante selon lui dans l'opinion publique.

Au moment de quitter définitivement Bordeaux, et la vie politique active qui y était associée, Alain Juppé a poussé - avec le flegme qui le caractérise - un cri d'alarme. Évoquant, les larmes aux yeux, le déchirement que provoque chez lui son départ de cette ville pour rejoindre le Conseil constitutionnel, l'ex-Premier ministre a dénoncé la "haine" qui monte aujourd'hui dans la société française.

"La vie politique est, comme toujours, un combat. J’ai aimé livrer ce combat, et je l’ai fait pendant plus de 40 ans, (…) toujours avec passion. Aujourd’hui, l’envie me quitte, tant le contexte change", a-t-il déclaré, illustrant la raison "personnelle" qui l'a incité à quitter Bordeaux. 

"La vie publique est lourde à porter"

"L’esprit public est devenu délétère", a asséné le proche de Jacques Chirac. Alain Juppé a constaté pêle-mêle "la montée de la violence sous toutes ses formes, verbale et physique, le discrédit des hommes et des femmes politiques, réputés ‘tous pourris’, la stigmatisation des élites, dont tout pays a pourtant besoin, pourvu qu’elles ne se reproduisent pas par cooptation mais qu’elles soient ouvertes à la société toute entière". 

"Dans ce climat général, infecté par les mensonges et les haines que véhiculent les réseaux sociaux, l’esprit public, la vie publique sont difficiles à vivre et lourdes à porter", estime le maire bientôt démissionnaire, qui "souhaite continuer à servir notre pays et notre République dans un environnement de travail plus serein". Le Conseil constitutionnel lui offre donc cette opportunité.
Jules Pecnard