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Pour François-Xavier Bellamy, Emmanuel Macron mène "une politique de la peur"

François-Xavier Bellamy en 2014 - François-Régis Salefran/Creative commons

François-Xavier Bellamy en 2014 - François-Régis Salefran/Creative commons - -

Le chef de file des Républicains pour les élections européennes estime qu'Emmanuel Macron ne veut que le populisme pour adversaire, servant de base à une "politique de la peur".

La tête de liste LR aux européennes François-Xavier Bellamy a fustigé la supposée "mise en scène" par Emmanuel Macron de son "opposition avec Marine Le Pen", estimant dans une interview au JDD que le chef de l'Etat menait "aussi une politique de la peur"."Le danger qui guette notre

démocratie, c'est que nous soyons condamnés à un deuxième tour perpétuel entre Macron et Le Pen. Un double rejet, ce n'est pas un choix. La politique n'est pas un combat entre ennemis, mais un débat entre des visions concurrentes", a souligné François-Xavier Bellamy auprès du Journal du Dimanche

"Toute démocratie vit d'alternance"

"Si Macron met en scène son opposition avec Marine Le Pen, c'est parce qu'il voudrait n'avoir d'autre adversaire que le populisme. Il dénonce une politique de la peur, il a raison. Mais son clip de campagne, qui commence par des battements de cœur sur une musique d'apocalypse, c'est aussi une politique de la peur", s'est-il insurgé.

En ce sens, la tête de liste LR lance un avertissement au Président: "dire que la seule alternative à sa majorité c'est le chaos, c'est lui ouvrir la porte" car "toute démocratie vit d'alternance".

Dans cet entretien, l'enseignant en philosophie revient également sur la proposition d'Emmanuel Macron de "remettre à plat Schengen", en affirmant vouloir "aller plus loin".

"Notre projet est clair: mettre fin à l'impuissance européenne face au défi migratoire", assure François-Xavier Bellamy en plaidant pour que les demandes d'asile soient effectuées "hors d'Europe, dans des pays tiers sûrs".

Plaidoyer pour un renforcement des contrôles aux frontières

Se prononçant en faveur d'un contrôle accru aux frontières nationales "quand c'est nécessaire", François-Xavier Bellamy a souligné que "pour accueillir quelqu'un chez soi, encore faut-il avoir un chez-soi !" Selon lui, "l'anxiété de la société française vient de là: il y a une différence majeure entre le choix d'ouvrir la porte à quelqu'un qui vous demande d'entrer et le fait de ne plus avoir de porte à ouvrir parce que de toute façon plus rien ne protège l'entrée".

François-Xavier Bellamy a aussi affirmé que Les Républicains dévoileraient "plusieurs dizaines de propositions concrètes pour l'avenir de l'Europe" le 16 mars prochain, lors du conseil national du parti.

Selon un sondage Ifop pour le JDD, François-Xavier Bellamy est connu "ne serait-ce que de nom" par 39% des personnes interrogées, un taux honorable au regard de son noviciat en politique. Il bénéficie d'une notoriété plus élevée chez les sympathisants LR: 67%.

Guillaume Dussourt avec AFP