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Pour Castaner, "jamais un gouvernement ne s'est autant mobilisé" contre les violences sexistes

Invité sur notre plateau ce mardi soir, le ministre de l'Intérieur a mis l'accent sur l'action du gouvernement pour lutter contre les violences faites aux femmes, assurant que "depuis 10 ans, les chiffres de ces violences n’ont cessé de baisser". De leur côté, les associations ont déjà recensé plus de 100 victimes de féminicides depuis le début de l'année.

Les violences que subissent les femmes de la part de leurs conjoints sont "insupportables", a reconnu Christophe Castaner invité ce mardi soir sur notre antenne. Depuis le début de l’année, plus de 100 victimes de féminicides ont été recensées par les associations. Lundi encore, une femme de 27 ans est morte poignardée par son concubin devant ses trois enfants mineurs, dans une rue du Havre.

Les collectifs militants dénoncent l’inaction du gouvernement: "Combien de femmes vont encore devoir mourir le visage explosé à coups de pompes avant que ce gouvernement admette qu’il y a des défaillances et qu’il passe à l’action?" interroge ce mardi sur notre antenne Anaïs Leleux, membre du comité de pilotage du collectif #NousToutes.

Etablir des "niveaux de warning"

Ce mardi soir, le ministre de l’Intérieur a rétorqué en mettant en avant l’action du gouvernement, qui prévoit notamment d’effectuer un audit dans les commissariats afin de comprendre comment sont reçues les femmes qui souhaitent rapporter des violences. "C’est un élément d’un plan d’action global", a-t-il souligné, rappelant qu’un plan de mesures élaboré avec Marlène Schiappa a été arrêté.

"J’ai proposé d’élaborer avec des associations une grille d’évaluation du danger. Quand un policier reçoit une femme qui se dit victime de violences, il doit lui poser les bonnes questions. Par exemple, y a-t-il une arme à son domicile? Si oui, c’est un premier niveau de warning. S’il y a déjà eu violences dans le couple, c’est un deuxième niveau de warning. Cette grille permet d’être plus efficace au moment du dépôt de plainte et de l’instruction", déroule Christophe Castaner.

Le ministre de l’Intérieur se dit "totalement engagé sur le sujet. Je pense que jamais un gouvernement ne s'est autant mobilisé".

Et d'ajouter: "J’ai vécu cette violence-là, elle est insupportable, elle n’est pas la part d’humanité que nous devrions avoir entre nous".

Christophe Castaner a tenu à rappeler le "dévouement au quotidien" des policiers et gendarmes. Et s’ils commettent des erreurs, celles-ci doivent être réparées."

Le nombre de victimes en baisse depuis 2012

Pour enrayer ce fléau, le gouvernement a lancé début septembre un "Grenelle" des violences conjugales, qui doit se tenir jusqu’à la fin du mois de novembre. Ce "n'est pas une baguette magique", a reconnu Marlène Schiappa. "Les violences conjugales et les féminicides ne vont pas s'arrêter dès le lendemain", a observé la secrétaire d'Etat dans une interview au Parisien.

Se voulant rassurant, Christophe Castaner a indiqué ce mardi soir "que depuis 10 ans, les chiffres de violences faites aux femmes n’ont cessé de baisser. 161 femmes ont été victimes des coups de leurs conjoints en 2012, 131 en 2017 et 120 l’an dernier". Il concède cependant: "C’est 120 de trop."

Ambre Lepoivre