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Piketty renvoie Valls, Montebourg et Macron dos-à-dos

Thomas Piketty, dans son bureau parisien, en octobre 2016.

Thomas Piketty, dans son bureau parisien, en octobre 2016. - ERIC PIERMONT - AFP

Au lendemain du renoncement de François Hollande, l'économiste Thomas Piketty s'est montré très dur ce vendredi sur les ondes de France Inter à l'égard de plusieurs des prétendants à sa succession à gauche.

L’économiste Thomas Piketty était l’invité de France Inter ce vendredi matin. Il n’a pas eu de mots assez durs pour les candidats encore en lice pour la primaire de la gauche ou pour la présidentielle: Manuel Valls, Emmanuel Macron ou encore Arnaud Montebourg.

Le "ton d'adjudant-chef" de Manuel Valls

Le Premier ministre est dans une défaveur particulière: "J’ai beaucoup de mal avec Manuel Valls, que ce soit sur la déchéance de nationalité, son ton d’adjudant-chef sur le burkini, son amour pour la TVA sociale de François Fillon. Tout ça me pose un certain nombre de problèmes."

"Et après, Macron, il veut planter la présidentielle?"

Lorsqu’il s’agit d’évoquer Arnaud Montebourg, le registre est à peine plus aimable: "Arnaud Montebourg, son ton grandiloquent pour parler du "Made in France", je ne suis pas très fan non plus." 

Et Emmanuel Macron alors?

"Lui, c’est vraiment le pompon parce qu’au moins François Hollande se retire, Emmanuel Macron il est co-responsable d’un désastre de politique économique et il arrive comme une fleur quatre ans plus tard et dit: "Ah ! Quand même, cette politique, ça ne va pas du tout." Donc non seulement, il contribue à planter la situation économique de la France et après il veut planter la présidentielle?"

La non-renégociation du traité européen, le pêché originel de François Hollande

Thomas Piketty n’a pas oublié de dire son mot sur le renoncement de François Hollande, qu’il avait soutenu en 2012, à l’idée de solliciter un second mandat. Là encore, l’attaque est rude: "C’est la meilleure décision que François Hollande ait prise depuis bien longtemps, et en même temps ça aurait dû venir bien plus tôt." Pour Thomas Piketty, le mystère nimbant les intentions du président de la République a empêché tout débat à gauche cet automne.

L’économiste a enfin livré son avis sur l’origine des déboires du quinquennat de François Hollande:

"Aujourd’hui, on a la conséquence logique d’un quinquennat raté et d’une erreur grave de diagnostic. La grande erreur de François Hollande et de ce quinquennat est de ne pas avoir renégocié le traité européen depuis 2012. La décision de François Hollande, qui était celle de Nicolas Sarkozy à la fin, était de réduire les déficits à marche forcée avec d’énormes augmentations d’impôts, ça a tué la croissance."

R.V.