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Hamon: "chômeur, j'attendrais de ceux qui dirigent, qu'ils m'accompagnent"

Le Parti socialiste sort plus divisé que jamais de la crise politique liée à la loi Macron, à quatre mois d'un congrès interne qui s'annonce aussi orageux que les récents débats entre le gouvernement et une partie de sa majorité. "Assumer mes convictions a conduit à cette division", a reconnu Benoît Hamon, jeudi matin sur BFMTV et RMC.

"Si j'étais chômeur aujourd'hui, j'attendrais aussi de ceux qui dirigent ce pays, non qu'ils m'assistent, mais qu'ils m'accompagnent", a estimé le frondeur PS Benoît Hamon, jeudi matin sur BFMTV et RMC. 

Une réponse qui tranche avec les propos d'Emmanuel Macron, la veille. "Si j'étais chômeur, je n'attendrais pas tout de l'autre, j'essaierais de me battre d'abord", avait alors lancé le ministre de l'Economie sur les mêmes antennes. 

L'éternel débat des deux gauches

Ces divisions internes au PS ont atteint leur paroxysme lors des débats sur la loi Macron. Mardi matin, Benoît Hamon avait assuré, comme une vingtaine de frondeurs socialistes, "qu'en conscience", il voterait contre ce texte sur la croissance et l'activité. Dans l'après-midi, le gouvernement dont la majorité était incertaine choisissait donc de renoncer à un vote à l'Assemblée nationale et d'adopter la loi, en force, via le recours à l'article 49.3 de la Constitution. "On a alors raté l'occasion de se rassembler sur ce texte", a déploré Benoît Hamon.

Existent-ils désormais deux gauches? "Quand la gauche gouverne, elle doit mieux protéger la France", a répondu l'ancien ministre de l'Education pour qui: "la politique économique du gouvernement ne paraît pas de nature à réduire les inégalités et le chômage. Elle n'est pas bonne".

Un fossé entre le discours de 2012 et les actes de 2015

Le député PS des Yvelines se dit toutefois en accord avec les mesures de l'exécutif dans d'autres domaines, comme dans l'Education, son ancien portefeuille. 

"Je veux dire à mes électeurs que je suis parfaitement conscient que lorsque nous avons pris la décision de ne pas voter la loi Macron, on a ajouté à la division. Mais je pense que ce qui désarçonne le plus les électeurs de gauche, c'est que nous soyons dans nos actes et nos mots, si loin de nos discours de 2012", a poursuivi Benoît Hamon. Pour lui, un fossé s'est creusé: "la preuve, c'est que nos électeurs ne viennent plus".

Au surlendemain de la folle journée sur la loi Macron qui a ébranlé le PS, l'Assemblée nationale débat dans la soirée d'une motion de censure de la droite contre le gouvernement, conséquence du recours à l'article 49-3. Benoît Hamon ne votera "évidemment" pas cette motion de censure de l'UMP et de l'UDI. 

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Benoît Hamon

https://twitter.com/helenefavier Hélène Favier Rédactrice en chef adjointe BFMTV