BFMTV

Dette au PS, absentéisme répété: Peillon trébuche pour son entrée en campagne

Début de campagne avec une première polémique pour Vincent Peillon: il n'a pas payé ses cotisations au Parti socialiste depuis trois ans et a même une dette envers le PS de près de 20.000 euros. Sans compter le surnom peu flatteur qui lui a été attribué au Parlement européen.

Le dernier candidat déclaré de la primaire à gauche pourrait voir son entrée en campagne s'obscurcir. Et même prendre l'eau. Car Vincent Peillon a des dettes au PS. Il a jusqu'à ce jeudi soir -date limite de dépôt des candidatures- pour s'acquitter de son dû auprès du parti. Un total de 19.500 euros.

"Cette question va être réglée dans les 24 heures"

Selon Le Canard enchaîné, le député européen n'aurait pas versé une seule fois la quote-part de son indemnité de mandat au PS depuis son élection en mai 2014 ; obligation de versement à laquelle il est pourtant tenu. L'ancien ministre de l'Éducation nationale aurait même ignoré les relances, selon l'hebdomadaire.

Le principal intéressé a réagi. Il souhaite "un beau débat d'idées, pas un échange de boules puantes", estimant que cette attaque était téléguidée par ses adversaires. Mais Vincent Peillon a assuré que s'il avait des retards de paiement, il s'en acquitterait rapidement. "Vous verrez, cette question va être réglée dans les 24 heures", a-t-il déclaré mardi sur LCI.

Ce que confirme à BFMTV.com Christophe Pierrel, son porte-parole. "S'il y a un problème, il sera régularisé". Et ajoute: "On s'étonne et on regrette qu'une campagne qui devrait être de bon niveau commence sur ces petites attaques personnelles".

Plus officiellement membre du PS depuis trois ans

Il n'y a pas que sur ce point que le professeur de philosophie est en retard. Toujours selon Le Canard enchaîné, Vincent Peillon n'est plus officiellement membre du parti. Cela ferait trois ans qu'il n'aurait plus payé sa cotisation annuelle à sa section de Chépy, dans la Somme. Or, selon les statuts du parti: "Le secrétaire de section ou, à défaut, le bureau fédéral des adhésions ou le BNA est tenu de considérer comme démission d'office le cas de tout adhérent qui n'a réglé aucune cotisation durant deux années pleines."

Vincent Peillon n'a pas démenti. "S'il y a des cotisations à mettre à jour, je les mettrai à jour avant le dépôt des candidatures, comme cela se fait toujours", a-t-il ajouté. Pour Christophe Pierrel, cette polémique fait perdre de vue l'essentiel.

"Vincent Peillon est au PS depuis plus de vingt ans et a toujours été très engagé dans sa famille politique. Si de telles attaques arrivent maintenant c'est sans doute que la candidature de Vincent Peillon fait peur et révèle la fébrilité de certains autres. Vincent Peillon ne veut pas rentrer dans ces débats stériles de politiciens. Nous souhaitons que le débat reprenne très vite de la hauteur pour ne pas affaiblir notre primaire." 

Surnommé "Jackpot" à Bruxelles

Autre point noir: son surnom au Parlement européen qui n'est pas à son avantage. Vincent Peillon s'est vu affubler du sobriquet "Jackpot", révélait le magazine Society en septembre dernier. Pourquoi un tel qualificatif? À cause de ses revenus en tant que député européen, à hauteur de 6.250,37 euros nets mensuels, pour des interventions plutôt rares.

En deux ans et demi de mandat, Vincent Peillon n'a pas été très assidu. Sa dernière prise de parole en séance plenière remonte au 10 septembre 2015. Au total, il ne serait intervenu que 15 fois dans l'hémicycle. Dans le détail, depuis février 2015, Vincent Peillon n'a pas assisté à 11 réunions sur 27 de la commission des Affaires étrangères, apprend BFMTV. S'il a bien rendu un rapport sur "les défis en matière de sécurité au Moyen-Orient et en Afrique du Nord", il remonte à juin 2015. 

"Il est faux d'affirmer cela, a réagi pour BFMTV.com Christophe Pierrel, son porte-parole. Vincent Peillon est classé dans les 250 premiers parlementaires sur 751 députés concernant sa présence au parlement (votes). Il y est d'ailleurs aujourd'hui et demain. Depuis 2014, Vincent Peillon défend avec pugnacité une vision progressiste de l'Europe sociale et économique au sein du Parlement européen. Plusieurs rapports portent son nom, ce qui est loin d'être le cas de tous les eurodéputés."

"On n'a pas à se justifier tout le temps"

Pourtant, selon le site MEP ranking, qui classe l'activité des députés européens, Vincent Peillon est classé 467e sur 750 en terme de productivité. "On dit que vous ne travaillez pas beaucoup", l'a interrogé une journaliste de BFMTV.

"On le dit de tous les dirigeants politiques, a-t-il répondu à BFMTV. Moi, j'ai 97% de présence au vote. J'ai été celui qui a rapporté pour l'Europe sur les questions de sécurité au maghreb, je travaille en commission des Affaires étrangères. On n'a pas à se justifier tout le temps."

Un détail qui fâche sachant que le député européen a assuré lors de l'annonce de sa candidature à la primaire qu'il serait "le candidat de l'éthique politique". Vincent Peillon a donc jusqu'à ce jeudi soir pour régler ses dettes et s'assurer d'une candidature "éthique".

Céline Hussonnois-Alaya