BFMTV

Solitaire, cycliste, écrivain... Connaissez-vous vraiment Vincent Peillon ?

Vincent Peillon

Vincent Peillon - AFP

L'ancien ministre a officialisé sa candidature à la primaire de la gauche ce dimanche. Il va désormais devoir faire connaître son programme et sa personnalité. Lui qui avait disparu des écrans radars de la politique et des médias.

Vincent Peillon, qui est sorti dimanche d'une retraite médiatique de plus de deux ans pour se lancer dans la primaire de la gauche, a estimé ce dimanche soir sur France 2 qu'il n'avait pas prévu de l'être avant le renoncement de François Hollande.

Il y a encore une semaine, peu d'observateurs et d'élus pouvaient présager d'une telle candidature. Et pour cause, l'ancien ministre de l'Education assurait à Libération en avril dernier qu'il "ne briguerait pas de nouveau mandat électif".

"Peillon est un serpent" selon Hollande

François Hollande aura donc changé la donne à bien des égards, lui qui tenait à l'adresse de Vincent Peillon des propos particulièrement durs en 2009, à en croire la presse de l'époque :

"Peillon est un serpent. Avec lui, c'est tout pour sa gueule. Il trahit toujours".

Ce professeur de philosophie est entré en politique sur le tard. Il a 32 ans quand il devient collaborateur d'Henri Emmanuelli à l'Assemblée nationale. Il sera élu député de la Somme cinq ans plus tard, en 1997, puis propulsé porte-parole du PS en 2000, sous l'autorité de... François Hollande. Elu député européen pour la première fois en 2004, il a été ministre de l'Education entre 2012 et 2014.

"Docteur Vincent et Monsieur Peillon".

Dans la campagne de la primaire, Peillon retrouvera d'anciens proches. Car après le choc d'avril 2002, c'est avec Arnaud Montebourg et Benoît Hamon - tous deux candidats déclarés et donc nouveaux rivaux - qu'il avait créé le courant rénovateur "Nouveau parti socialiste" (NPS).

Il aura tour à tour soutenu Ségolène Royal, dont il a été porte-parole en 2007, Dominique Strauss-Kahn puis François Hollande. Ironisant sur ses passages d'un courant du PS à un autre, Pierre Moscovici l'avait un jour surnommé "Docteur Vincent et Monsieur Peillon".

Gaffes et cafouillages

Souvent loué pour ses talents d'orateur, Vincent Peillon est aussi maladroit, voire gaffeur comme lorsqu'il s'étonne à la télévision du côté "un peu retardataire" de la France sur le cannabis. Une prise de position qui fera enrager François Hollande et qui lui vaudra une remontrance publique.

Ce ne sera pas la seule fois : cafouillage sur le calendrier de la réforme des rythmes scolaires, propos sur les classes préparatoires, annonce prématurée de création de postes d'enseignants... Vincent Peillon s'attirera bien des recadrages.

Un solitaire pour rassembler

Ses proches louent toutefois sa "grande rigueur morale et intellectuelle". "Un homme de très grande connaissance, de très grande hauteur de vue", résume son ancien bras droit à l'Education, Jean-Paul Delahaye. D'autres, même dans son camp, raillent son "arrogance".

Sportif, sa préférence va à la course à pied et au cyclisme. Vincent Peillon qui se pose en "candidat du rassemblement" est également un solitaire, de son propre aveu.

Une solitude sans doute nécessaire à l'homme de lettres. Il a écrit un roman et des ouvrages consacrés aux penseurs socialistes et républicains comme Pierre Leroux et Jean Jaurès, ou bien encore au grand combattant de l'école laïque et prix Nobel de la paix Ferdinand Buisson.

C.C. avec AFP