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Au PS, dernières tractations en vue du congrès de Toulouse

Harlem Désir

Harlem Désir - -

Le premier secrétaire du PS doit résoudre avant vendredi l'équation de l'attribution des places au sein des instances représentatives du parti, tout en veillant à ne brusquer aucune des sensibilités.

Un congrès d'apaisement, Toulouse ? Quatre ans après celui, délétère, de Reims qui avait vu la victoire de Martine Aubry pour une centaine de voix dans des conditions contestées, rien n'est moins sûr.

Quelques heures à peine avant l'ouverture de la réunion socialiste, qui doit investir officiellement Harlem Désir à la tête du PS, les négociations, entamées à La Rochelle fin août, étaient encore en cours, mercredi. En jeu : contenter les différentes sensibilités qui réclament toutes leur part du gâteau dans les différentes instances représentatives du parti.

Un parti plus ancré à gauche ?

Comment composer avec les "hollandais", "aubrystes", et "hamonistes" ? Alors que les premiers cherchent à obtenir "la majorité dans la majorité", les derniers revendiquent une trentaine de postes au sein du conseil national en contrepartie du choix de la motion majoritaire plutôt que celle défendue par Emmanuel Maurel. Telle est l'équation à laquelle doit répondre le nouveau premier secrétaire, Harlem Désir, si possible avant vendredi, date d'ouverture du congrès. Tâche d'autant plus ardue que "tout le monde défend son bout de gras", selon un ministre cité par le Figaro.fr.

Alors que les places ont été distribuées sur un calcul anticipatoire donnant 90% à la motion de rassemblement, celle-ci n'a pas atteint 70% des votes des militants socialistes le 11 octobre dernier, soit 143 postes sur les 204 que compte le conseil national, et environ 50 de moins que prévu.

Les différentes sensibilités vont donc devoir revoir leurs ambitions à la baisse, d'autant plus au vu du score élevé obtenu par la motion d'Emmanuel Maurel. Son texte est arrivé deuxième avec 13,27% des voix. Lui-même, peu connu du grand public, a obtenu un score de près de 30% le 18 octobre, alors que les ténors du parti prévoyaient une victoire très large de la motion majoritaire que soutenaient les cadres du parti, de Martine Aubry à Jean-Marc Ayrault. De quoi dessiner les traits d'un parti plus ancré à gauche. Un scénario qui satisfait les hamonistes mais beaucoup moins les hollandais.

Hollande reste à l'écart

C'est en particulier pour ne pas les brusquer qu'Harlem Désir multiplie ces derniers jours les rencontres, dans des négociations qui devraient aboutir à un ajustement à la baisse du nombre des postes qu'obtiendront les royalistes. Le premier secrétaire entend bien "faire la synthèse", proposant d'associer toutes les sensibilités à la prochaine direction qui sera présentée le 17 novembre, mais Manuel Valls, Pierre Moscovici, Vincent Peillon et Stéphane le Foll ont trop pesé sur le choix d'Harlem Désir pour que les hollandais ne soient pas majoritaires.

Par leur soutien public à l'ancien président de SOS Racisme, ils ont donné au président de la République l'assise nécessaire pour trancher lors des tergiversations sur la succession de Martine Aubry à la tête du parti, orientant, à la barbe de la maire de Lille et au-delà du nom du premier signataire de la première motion, la distribution des places à pourvoir au conseil national entre les aubrystes, les proches de Benoît Hamon et les déçus du camp Ayrault.

François Hollande, lui, se tiendra à l'écart. Le président de la République, qui a fait d'une promesse de campagne son refus de transformer sa fonction en celle de chef de clan, a intimé l'ordre à son équipe de se tenir à l'écart du congrès. Aucun représentant de l'Elysée n'y sera présent, sauf Bernard Rullier et Faouzi Lamdaoui. Mais le conseiller aux relations avec le Parlement et le conseiller à l'égalité des chances ne s'y rendront qu'en "simple militants", selon une indiscrétion du Point.fr.