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Une députée LREM organise des visites payantes de l'Assemblée

La députée LREM, Pascale Fontenel-Personne.

La députée LREM, Pascale Fontenel-Personne. - Jean-François Monier - AFP

Pascale Fontenel-Personne, députée LREM, propose via son entreprise de voyages des visites en groupe de l'Assemblée nationale facturées 119 euros par personne. Une démarche contraire au code de déontologie de l'Assemblée.

Députée LREM de la Sarthe, Pascale Fontenel-Personne est également chef d'entreprise: elle préside Access Tours, une société organisant des voyages touristiques. Or sur la brochure de 2017 en ligne de l'entreprise, au milieu des traditionnelles visites de Montmartre et de la tour Eiffel, figurent… des visites de l'Assemblée nationale, facturées 119 euros par personne, remarque Marianne. Avec en bonus, la présence de l'élue.

Un député qui fait visiter le palais Bourbon, rien de plus normal: ils sont nombreux à le faire, notamment pour des groupes scolaires venus de leur circonscription. Les visites sont légales, et leur déroulement est encadré par le règlement de l'Assemblée. En revanche, il n'est pas habituel de les facturer aux visiteurs. 

L'article premier du code de déontologie de l'Assemblée stipule d'ailleurs que "les députés doivent agir dans le seul intérêt de la nation et des citoyens qu'ils représentant, à l'exclusion de toute satisfaction d'un intérêt privé ou de l'obtention d'un bénéfice financier ou matériel pour eux-mêmes ou leurs proches".

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Access Tours, contactée par Marianne, indique que les voyages prévus les 12 octobre et 4 décembre prochains, étaient "déjà organisés" avant l'élection de Pascale Fontenel-Personne.

Dans la soirée Pascale Fontenel-Personne a répondu à l'hebdomadaire Marianne et précise les détails de ce tarif qui ne comprend pas la visite en elle-même mais la logistique autour. "Les 119 euros du prix prennent en compte la prise en charge à domicile des clients, le transport en car, un petit-déjeuner, un repas, le parking du bus dans Paris et le trajet du retour, pas la visite à l'Assemblée", détaille-t-elle. Puis elle ajoute: "Mon entreprise ne va pas s'arrêter de fonctionner parce que je suis députée!".

A.K.