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Réserve parlementaire 2012: à qui et à quoi a-t-elle servi?

La réserve parlementaire de 2012 a servi, entre autres à financer la construction de boulodromes couverts ou non, à hauteur de 220.000 euros.

La réserve parlementaire de 2012 a servi, entre autres à financer la construction de boulodromes couverts ou non, à hauteur de 220.000 euros. - -

Les parlementaires se sont partagés, au titre de la réserve parlementaire, une enveloppe globale de subventions pour un total de 134 millions d'euros. Mais qu'en ont-ils fait?

Vous avez aimé l'édition 2011 de la réserve parlementaire, vous allez adorer celle de 2012. Les parlementaires, c'est connu, ont un ancrage local et ne manquent pas d'en faire profiter leurs concitoyens sous la forme de subventions servant à financer des projets locaux. De 1 million à 450 euros, pour des subventions pouvant monter jusqu'à 194.000 euros annuels, des dépenses considérables ont été ordonnées.

Les inégalités entre les départements et entre les montants distribués par les parlementaires sont, comme le souligne cet article du Monde, importantes. Le ministère de l'Intérieur n'a d'ailleurs mis en ligne qu'un simple fichier PDF. Un fichier dont les outils informatiques actuels permettent d'extraire les données. Elles sont d'ailleurs téléchargeables à cette adresse.

Mais au fait, à qui et à quoi cette réserve a-t-elle bénéficié? La réponse la plus synthétique consisterait à dire qu'il n'y a aucune règle. Sachant cela, on peut ensuite tenter de détailler.

> Quelles personnalités ont le plus dépensé?

Bernard Accoyer, ancien président UMP de l'Assemblée nationale, arrive en tête des bons Samaritains de la réserve parlementaire avec 6,3 millions d'euros dépensés. Vient ensuite Jérôme Cahuzac l'ancien ministre du Budget avec un peu plus de 1,41 million de subsides distribués. Il a distribué à lui seul autant que les autres membres du gouvernement. Suivent dans un ordre décroissant: Nicole Bricq (609.000 euros), Jean-Marc Ayrault (320.000 euros), Laurent Fabius (190.000 euros), Alain Vidalies (100.000 euros) et François Hollande alors député en Corrèze (100.000 euros tout ronds).

Pour le reste des ténors de l'Assemblée nationale et surtout du Sénat se taillent la part du lion. Après Bernard Accoyer, le top 10 comprend: l'ancien rapporteur UMP de la commission des finances à l'Assemblée Gilles Carrez (3,13 millions), le sénateur PS François Marc, (2,8 millions), le sénateur PS Daniel Raoul (1,91 million), la sénatrice PS Odette Herviaux (1,91 million), le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale Christian Jacob (1,73 million), le sénateur PS Daniel Reinier (1,45 million), le sénateur PS Jean-Louis Carrère (1,44 million), le sénateur porte-parole du Parti socialiste David Assouline (1,36 million).

Quelles villes s'en sortent le mieux?

Parmi les villes les plus choyées par leur parlementaire, on trouve en tête de liste Le Perreux-sur-Marne (3,1 millions d'euros/Carrez) suivie de Villeneuve-sur-Lot (1,1 million/Cahuzac), Compiègne (960.000 euros/Marini). Marseille (0,64 million) ou Dijon (0,45 million) arrivent respectivement en 7e et 9e places.

Il est intéressant de noter que les dotations allouées à ces villes fluctuent d'une année sur l'autre en fonction du changement de majorité. La ville du sénateur-maire UMP Philippe Marini a vu ses subventions chuter de plus de 20%. Dijon, reçoit en revanche une part de la réserve alors que cette dernière lui avait totalement échappé en 2011.

Des subventions pour quels types de projets?

Voirie, aménagements urbains, réfection d'édifices publics ou cultuels, acquisition de mobiliers, constructions de logements, de sanitaires… Les projets subventionnés par la réserve des élus sont extrêmement divers. Pour l'anecdote, on pourra noter la construction d'un boulodrome couvert à Voutezac subventionné en 2012 à hauteur de 2.500 euros. Des boulodromes qui auront coûté au total presque 220.000 euros.

Pour le reste, on est étonné de voir se multiplier les columbariums, pour une enveloppe totale de 290.000 euros. La réfection, construction, sécurisation des aires de jeux se montent quant à elles à près de 1,6 million d'euros. Les achats de tondeuses, autoportées ou non, se montent à presque 160.000 euros et les acquisitions d'aspirateurs dits de rue ou de voirie à 11.000 euros. Les horloges auront aussi, du modèle dit astronomique au remplacement du cadran du clocher de l'église du village, coûté 125.000 euros environ.

David Namias