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Quand Twitter sème le trouble à l'Assemblée

Twitter, vecteur de tensions au sein de l'Assemblée ou formidable outil de transparence?

Twitter, vecteur de tensions au sein de l'Assemblée ou formidable outil de transparence? - -

Utilisé assidument pendant les séances par de nombreux députés, le réseau social est pointé du doigt depuis quelques jours par l’UMP, qui dénonce les tweets rédigés depuis les bancs socialistes.

En pleine discussion du projet de loi sur le mariage homosexuel, Twitter n’en finit pas de créer des remous au sein de l’Assemblée nationale.
Alors que l’élu UMP Patrick Hetzel, en réponse aux messages postés par ses collègues de l’opposition sur leurs comptes Twitter, a tout bonnement suggéré, samedi soir, l’interdiction du réseau social à l’Assemblée, le débat a été rouvert, ce lundi après-midi.

De tweets en rappels à l'ordre

Ainsi, en pleine séance d’examen des amendements, le député UMP de la Drôme, Hervé Mariton, est intervenu pour un rappel au règlement, interrompant alors la discussion en cours.

"Je me permets de demander à nos collègues de mesurer un petit peu leurs mots", a-t-il lancé. Et d’évoquer un tweet posté dans la nuit par le député socialiste de Seine-et-Marne, Olivier Faure, l’accusant d’"homophobie" et de "sexisme".

Mariton parle de la présence "décorative" de Marisol Touraine. Comme quoi on peut cumuler homophobie et sexisme #Directan #MariagePourTous
— Olivier Faure (@faureolivier) 4 février 2013

"J’ai été, je suis et je serai constamment respectueux de tous mes collègues. Il n’est pas acceptable que notre collègue Faure m’ait traité d’homophobe", s’est défendu Hervé Mariton.

Le député drômois avait déjà été directement pris à partie, à plusieurs reprises, par un autre élu-twittos, l'EELV Sergio Coronado.

Mariton n'est pas la. Ça avance a une allure folle #mariagepourtous #directAn
— sergio coronado (@sergiocoronado) 3 février 2013

Mariton a mal dormi. Il est grognon #DirectAN #mariagepourtous
— sergio coronado (@sergiocoronado) 4 février 2013

La "pollution" Twitter ?

Hervé Mariton a aussitôt été appuyé par son collègue Philippe Gosselin, député UMP de La Manche. "Ça ne me choque pas que des tweets, des gazouillis, des réseaux sociaux existent, nous sommes au 21e siècle", a-t-il dit. "Mais il arrive, avec trop de régularité, qu’ils polluent nos débats et nuisent à la sérénité de nos travaux".

"Nous gagnerions collectivement à réfléchir à la façon dont nous devons ou non vérifier l’usage des tweets et autres réseaux", a-t-il fait valoir auprès du président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone.

De son côté, le chef de file des députés PS, Bruno Le Roux, a souhaité "la plus grande interactivité", grâce à ces réseaux. Mais d'en appeler à la raison des parlementaires : "Aucune insulte ne doit être permise sur aucun des réseaux sociaux".

"Tweeter est une liberté"

Une énième passe d'armes autour du réseau social, qui n'a pas manqué de faire bondir les députés en direct... sur Twitter.

"Je ne suis pas d’accord avec Gosselin. Tweeter est une liberté. À chacun de l'utiliser en respectant les règles et les individus", a posté l’UDI Yannick Favennec.

Le socialiste Yann Galut s'est, lui, clairement indigné : "Incroyable les députés UMP veulent censurer Twitter ! Ils ont peur que leurs propos soient repris en direct".

Incroyable les députés UMP veulent censurer Twitter ! Ils ont peur que leurs propos soient repris en direct...#DirectAN
— Yann Galut (@yanngalut) 4 février 2013

Vers une interdiction du réseau social ?

Twitter vecteur de tensions au sein des travées de l'Assemblée ou outil d'utilité publique permettant de retranscrire l'ambiance électrique des séances ? Après les débats provoqués par le site de micro-blogging ces derniers jours, il y a un peu des deux. En 2010 déjà, la question de l'interdiction de Twitter au sein de l'hémicycle avait été soulevée. Sans suite.

Pourtant saisi de cette question à plusieurs reprises depuis vendredi, Claude Bartolone a semblé vouloir s'en décharger.

Ce lundi, il a rétorqué à Hervé Mariton : "Autant nous pouvons assurer la responsabilité des propos publics au sein de l’hémicycle. Mais si vous nous demandez, en plus, de contrôler tous les échanges sur un certain nombre de réseaux, ça va être compliqué".

Adrienne Sigel et Magali Rangin