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Le Parlement vote la poursuite des frappes aériennes en Irak

Les frappes aériennes françaises menées depuis septembre en Irak contre les jihadistes de l'Etat islamique vont se poursuivre. (Photo d'illustration)

Les frappes aériennes françaises menées depuis septembre en Irak contre les jihadistes de l'Etat islamique vont se poursuivre. (Photo d'illustration) - HO - ECPAD - EMA - Armée de l'air - AFP

L'Assemblée nationale et le Sénat ont décidé, par un vote, de poursuivre les frappes aériennes contre l'Etat islamique en Irak. Une très grande majorité d'élus s'est prononcée pour, dans un contexte lourd de sens aux lendemains des attaques jihadistes perpétrées en France.

Ce n'est pas une surprise, mais c'est désormais officiel. L'Assemblée nationale, puis le Sénat, ont voté ce mardi à la quasi-unanimité la poursuite des frappes françaises en Irak contre l'organisation Etat islamique, quelques jours après les attaques jihadistes au coeur de Paris.

En tout, 488 députés se sont prononcés pour, un contre (l'UMP Jean-Pierre Gorges) et 13 se sont abstenus, du Front de gauche et certains de leurs alliés d'outremer, ainsi qu'un UMP (Pierre Morel-A-l'Huissier).

Manuel Valls avait invité l'Assemblée à prolonger l'intervention française car "notre mission n'est pas achevée" et "c'est bien une guerre contre le terrorisme que nous avons devant nous".

Le consensus politique sur la lutte contre l'EI a été encore renforcé alors qu'un des auteurs du carnage à la rédaction de Charlie Hebdo, Chérif Kouachi, avait participé à une filière de recrutement pour l'Irak et que le preneur d'otages du magasin casher, Amedy Coulibaly, se réclamait de l'EI et demandait l'arrêt des frappes françaises en Irak.

Un "théâtre intérieur"

"S'ajoute désormais un théâtre intérieur" aux "trois théâtres" extérieurs d'intervention de la France, en Irak, au Sahel et en Centrafrique, a relevé le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian.

"Combattre le terrorisme sur notre sol demande de le combattre là où il progresse", a aussi lancé le chef de file des députés socialistes, Bruno Le Roux, à l'unisson de l'ensemble des groupes politiques. "La France n'a ni l'option de la neutralité ni celle d'un retrait honteux dans l'espoir illusoire de nous protéger", a abondé Pierre Lellouche pour l'UMP.

Comme d'autres porte-parole, Philippe Folliot au nom de l'UDI a demandé au Premier ministre "de remettre en débat une nouvelle loi de programmation militaire qui dote nos forces armées et de sécurité des moyens qui leur permette d'assurer, dans de bonnes conditions, leurs engagements et à la France de tenir son rang".

La France, "le petit flic du monde" ?

Le coprésident du groupe EELV, François de Rugy, a soutenu la poursuite de l'intervention en Irak mais sans "abaisser le niveau d'exigence" des écologistes, renouvelant notamment leur "appel à la tenue d'une conférence internationale" et pointant le "jeu trouble de certaines puissances régionales", Qatar et Turquie selon lui. Pour le Front de gauche, Jean-Jacques Candelier a justifié l'abstention de son groupe "dans la mesure où cette intervention ne se fait pas sous l'égide du Conseil de Sécurité de l'ONU mais de l'OTAN, et où nous doutons de l'efficacité de nouvelles frappes".

Jean-Pierre Gorges, député-maire UMP de Chartres, a expliqué de son côté s'être prononcé contre la poursuite de l'intervention car il ne croit pas que la France puisse être "le petit flic du monde". "Alors qu'on manque de moyens pour assurer la sécurité en France, on envoie l'armée dans un conflit qui nous dépasse", a-t-il regretté.

Toujours pas d'intervention en Syrie

Le feu vert parlementaire est obligatoire pour toute intervention militaire française au-delà de quatre mois. Or les frappes aériennes françaises ont débuté le 19 septembre

Lors d'un débat sans vote le 24 septembre dernier, l'intervention française avait déjà été largement soutenue. Le Sénat a également, en fin de journée, autoriser la prolongation de l'intervention des forces armées en Irak.

La France est déterminée à stopper, au côté de ses alliés, l'expansion de l'EI en Irak mais Paris exclut en revanche pour l'heure toute intervention en Syrie, jugeant qu'elle ne pourrait qu'être favorable au régime de Bachar al-Assad.

Jé. M. avec AFP