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Christian Estrosi, le demi-cumulard

Christian Estrosi avait annoncé que s'il gagnait les régionales, il démissionnerait de son mandat de député et de celui de maire de Nice pour se consacrer pleinement à la région Paca. Plus de trois mois après son élection, il va démissionner de l'Assemblée nationale mais pas de la mairie.

C'est l’un des élus les plus cumulards de la République. Il est à la fois président de la région Paca, député des Alpes-Maritimes, président de la métropole Nice-Côte d’Azur et maire de Nice. L'agenda de Christian Estrosi donne le tournis.

Un agenda casse-tête

En général, le lundi, il est à Marseille pour le conseil régional. Le mardi matin, il prend l'avion pour Paris où il va à l'Assemblée nationale et aux réunions de son parti Les Républicains. Le mercredi soir, il repart pour Nice où il habite. Le jeudi soir, il reprend l'avion pour Marseille. Le vendredi soir, il revient à Nice pour le weekend. 

L'agenda de Christian Estrosi donne le tournis.
L'agenda de Christian Estrosi donne le tournis. © BFMTV

Un homme-clé

Pour ses mandats locaux, il s'appuie sur un homme clé: Anthony Borré qui est son directeur de cabinet à la région, à la métropole et à la mairie de Nice. Mais outre un bilan carbone catastrophique, la situation est vite devenue intenable techniquement et politiquement. Depuis son élection en décembre à la tête de la région Paca, il a été absent aux neuf réunions de la commission des finances de l'Assemblée nationale dont il fait partie.

Et surtout, Christian Estrosi s'était engagé pendant la campagne à démissionner en cas de victoire de ses mandats de député et de maire de Nice. Alors que Valérie Pécresse et Xavier Bertrand ont eux démissionné dès janvier de l'Assemblée nationale, il commence seulement à lâcher du lest.

Député depuis 1988

Le champion de France de moto a annoncé vendredi qu'il remettrait mercredi prochain au président de l'Assemblée nationale sa démission de ses fonctions de député. Il s'est dit ému de laisser ce mandat qu'il occupe depuis 1988; il était alors benjamin de l'Assemblée, et a uniquement quitté les bancs de l'Assemblée lors de ses passages au gouvernement. Mais en ce qui concerne la mairie de Nice, il faudra patienter encore.

Plusieurs recours contre son élection à la tête de la région ont été présentés devant le Conseil d'Etat, notamment par son adversaire au second tour Marion Maréchal-Le Pen. Et dans l'attente de la décision de la juridiction, Estrosi Estrosi a expliqué à Europe 1 qu'il ne voulait pas courir le risque "de laisser les électeurs (de la 5e circonscription des Alpes-Maritimes), qui m'ont toujours fait confiance, sans député".

"Une législative partielle après une démission ne peut être organisée un an avant les législatives. J'ai donc décidé d'anticiper la décision du Conseil d'Etat", a-t-il justifié à l'Agence France-Presse (AFP).

Il attendra en revanche la décision du Conseil d'Etat pour abandonner son fauteuil de maire et devenir adjoint ou simple conseiller municipal. Mais n'a pas voulu répondre aux questions de BFMTV sur le sujet.

K. L. avec Salhia Brakhlia