BFMTV

Attentats de Paris: Hollande réunit exceptionnellement le Congrès

Nicolas Sarkozy devant le Congrès du Parlement au château de Versailles en juin 2009.

Nicolas Sarkozy devant le Congrès du Parlement au château de Versailles en juin 2009. - Eric Feferberg - AFP

François Hollande s'adressera lundi au Congrès à Versailles pour "rassembler la Nation", une procédure rarissime dans l'histoire de la République. Seuls Nicolas Sarkozy et Charles-Louis Napoléon Bonaparte l'ont fait avant lui.

François Hollande cherche à renouer avec "l'union nationale" qui avait régné quelques semaines après les attentats de janvier. Les rassemblements étant interdits, sa volonté se manifeste dimanche par des entretiens avec les dirigeants politiques. Et lundi, le chef de l'Etat s'adressera devant les députés et sénateurs réunis en Congrès à Versailles.

"Je m'adresserai au Parlement réuni en Congrès à Versailles lundi pour rassembler la Nation dans cette épreuve", a annoncé François Hollande samedi après un Conseil de défense.

Un événement rare et plutôt bien accueillie chez les responsables parlementaires. Mais les enjeux politiques ont rapidement repris le dessus: après une réunion dimanche midi des principaux responsables des Républicains autour de leur président Nicolas Sarkozy, la demande a été faite de permettre aux groupes parlementaires de s'exprimer après le chef de l'Etat.

Comme le prévoit la Constitution, ce débat aura lieu après le départ de François Hollande. Chaque groupe politique disposera d'un temps de parole de dix minutes pour son orateur. Il n'y aura pas de vote à l'issue de cette discussion.

Hollande dénonçait "l’hyperprésidence" en 2008

Le président de la Vème République n’est en principe pas autorisé à s’exprimer devant la représentation nationale, en vertu de la séparation des pouvoirs. Depuis la révision constitutionnelle de 2008, le président peut prendre la parole devant le Parlement réuni en Congrès, comme l'a souhaité François Hollande. 

Le chef de l'Etat actuel s'était opposé en 2008 à la révision constitutionnelle, révélatrice aux yeux Premier secrétaire du PS de l’époque, de "l’hyperprésidence" de Nicolas Sarkozy. Les socialistes avaient majoritairement voté contre.

La troisième fois de l'histoire de la République

Il s'agira donc du troisième discours seulement dans l'histoire de la République française d'un président devant les représentants de la Nation. Nicolas Sarkozy s'était exprimé sur la crise financière en juin 2009. Et avant lui, seul Charles-Louis Napoléon Bonaparte s'était exprimé devant le Parlement en 1848.

Comme le rappelle l'Assemblée nationale sur son site internet, le Congrès "peut être réuni dans trois cas: en vue d’une révision de la Constitution; pour autoriser l’adhésion d’un État à l’Union européenne; pour entendre une déclaration du Président de la République". 

Un coût de 250.000 euros minimum

La réunion, à laquelle les 577 députés et 348 sénateurs seront convoyés en car depuis Paris, débutera à 16 heures au château de Versailles dans l’hémicycle de l’Aile du Midi. 

Sur le principe même de la réunion du Congrès, droite et gauche sont sur la même ligne. Didier Guillaume, président du groupe PS au Sénat, a salué "une très bonne chose", apportant "de la solennité" nécessaire après un "drame absolu".

Le patron des députés Les Républicains Christian Jacob a évoqué une convocation "conforme à l'esprit de nos institutions", son homologue du Sénat, Bruno Retailleau, a trouvé un tel événement "à la mesure de la gravité de la situation". Ne voyant "pas d'instrumentalisation politique particulière", Philippe Vigier, chef de file des députés UDI, en attend aussi "un nouvel acte important pour que la France puisse mieux se protéger".

K. L.