BFMTV

"Ne rien céder face à la violence": après la gifle, Macron appelle à ne pas confondre "colère" et "bêtise"

Le chef de l'Etat a été giflé ce mardi lors d'un déplacement dans la Drôme. À Valence, il a dénoncé "la violence" et "la bêtise".

"On ne lâchera jamais, vous pouvez compter sur moi." Quelques heures après avoir été giflé en rencontrant des personnes à Tain-l'Hermitage, dans la Drôme, Emmanuel Macron a participé à un bain de foule ce mardi soir à Valence.

Interrogé par BFMTV sur l'incident de ce matin, le chef de l'État a répondu, avec un sourire qui se dessinait derrière son masque, "ne plus avoir le temps" d'avoir peur. "Il faut être aux côtés de nos restaurateurs et de nos agriculteurs, pour la réouverture mercredi, c'est pour ça que je suis venu", a-t-il expliqué pour justifier sa présence. Selon le chef de l'Etat, les Français sont "un peuple engagé, où il y a toujours, malgré tout, de la bienveillance". Avant d'appeller à ne pas confondre "la colère" et "la bêtise, en particulier quand cette dernière s'allie à la violence".

"La colère moi je l'entends, démocratiquement elle s'exprime. Je vais toujours au contact, à portée d'engueulade je dis, et j'y tiens", a déclaré Emmanuel Macron face à la foule et à nos journalistes. "Les gens m'expriment leur colère, parfois leur désarroi, je suis toujours là. Parfois j'ai la réponse, d'autres fois je ne l'ai pas, j'essaie de la bâtir. Parfois je me trompe, d'autres fois j'y arrive. La bêtise et la violence non, pas en démocratie. Je continuerai d'aller partout. Je pense qu'il y a des gens qui sont très fatigués dans cette période et il ne faut rien céder à la violence et en particulier à la violence contre tous les représentants de la chose publique."

"Il faut relativiser"

Un peu plus tôt ce mardi soir, le président de la République a réagi dans Le Dauphiné Libéré à propos de l'incident de ce mardi matin, parlant "d'individus ultraviolents". Cet entretien avec le chef d'État avait été prévu avant l'agression du début d'après-midi.

"Tout va bien. Il faut relativiser cet incident qui est, je pense, un fait isolé. Il ne faut pas que cela vienne occulter le reste des sujets si importants qui concerne la vie de beaucoup", a-t-il déclaré, assurant qu'il n'avait pas d'appréhension après cet événement: "J’ai continué et je continuerai. Rien ne m’arrêtera".

Pour que les institutions de la République fonctionnent, "il ne peut pas y avoir de violence, de haine, ni dans le discours ni dans les actes. Sinon c’est la démocratie elle-même qui est menacée", a-t-il encore déclaré. "Il faut respecter les fonctions dans la République et je ne lâcherai jamais ce combat".

Agathe Lambret avec Clément Boutin