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Municipales: à Lyon, Macron a fait son choix mais laisse quinze jours aux candidats pour s'entendre

David Kimelfeld avec Gérard Collomb

David Kimelfeld avec Gérard Collomb - PHILIPPE DESMAZES / AFP

Officiellement, Emmanuel Macron ne s'occupe pas des élections municipales. Dans les coulisses, le chef de l'Etat se tient informé de près de la bonne marche de son mouvement. Et notamment à Lyon, où un duel oppose Gérard Collomb à David Kimelfeld, président de la métropole.

Au menu du déjeuner: Paris, Lyon et Marseille. A L'Elysée, Emmanuel Macron a retrouvé des cadres de la majorité pour évoquer le prochain scrutin municipal à venir. Autour de la table: Stanislas Guérini, délégué général de La République en marche, Richard Ferrand, président de l'Assemblée nationale et poids lourd de la macronie, Pierre Person, secrétaire national adjoint de LaREM, chargé des investitures, Marie Guévenoux, députée et coprésidente de la Commission d'investiture, et Philippe Grangeon, son conseiller spécial. Un rendez-vous qui a lieu régulièrement, pour évoquer et faire un point sur les élections municipales. 

Lors de ce déjeuner, des villes particulièrement sensibles ont été évoquées. A commencer par Lyon, où le macroniste historique Gérard Collomb est confronté à un rival dans sa propre famille politique en la personne de David Kimelfeld, président de la métropole de Lyon. Emmanuel Macron doit justement se rendre dans cette ville ces deux prochains jours, à l'occasion de la Conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Selon un participant, "Macron se déplace mais ne jouera pas un rôle de conciliateur dans la situation lyonnaise". Il a cependant demandé aux cadres du mouvement "de faire atterrir les choses".

Selon les informations du Point, le divorce est consommé entre les deux prétendants à la mairie lyonnaise. "J'ai compris qu'il n'y avait pas d'accord possible", aurait confié le président de la métropole. "Je lance donc ma campagne". Malgré cette situation tendue, Emmanuel Macron a demandé à "trouver une solution d'ici quinze jours". A la commission d’investiture, on croit toujours qu’un accord entre les deux hommes. Avec le scénario suivant: Gérard Collomb à la métropole et David Kimelfeld à la mairie. "Kimelfeld n’a pas pignon sur rue, n’a pas la notoriété de Collomb. Il a tout intérêt à accepter d’être maire pour éventuellement reprendre les rênes de la métropole dans un second temps", confie un proche. 

A Paris, "il attend que l’un dévore l’autre"

Mais si les négociations n'aboutissent pas, "Macron préférera Collomb à la métropole car fidèle parmi les fidèles", croit savoir un cadre de la majorité. "C’est le moment de trancher. Macron va laisser Collomb y aller", juge un autre ténor. "Il joue pas les entremetteurs même si depuis le début sa fidélité va à Collomb." Une rencontre entre le parti et David Kimelfeld doit s’organiser très bientôt. Et la commission d'investiture devra se prononcer. Ce qu'elle fera courant octobre. 

Lors de ce déjeuner, le cas parisien a aussi été abordé. Alors que Benjamin Griveaux, candidat choisi par le mouvement, doit composer avec la candidature dissidente de Cédric Villani, "le président de la République n’est pas inquiet", confie un participant. "Il est plutôt attentiste. Il attend que l’un dévore l’autre, voilà, il n’a pas d’état d’âme", poursuit-il. "Il est moins proche de Griveaux que de Collomb, cela n’a rien à voir". 

Pour le moment, les deux hommes sont donnés très proches dans les sondages. Selon une récente enquête, Benjamin Griveaux rassemblerait 19% des intentions de vote au premier tour, quand Cédric Villani est crédité de 15% de voix possibles. "On a tout intérêt à éviter que nos troupes se divisent au point de devenir irréconciliables. On souhaite toujours un accord entre Griveaux et Villani", juge un participant du déjeuner à l'Elysée, qui estime qu'il n'y a pas le feu. "Griveaux ne commet plus les erreurs qu’il commettait au début, la situation s’est stabilisée."

Agathe Lambret, avec Ivan Valerio