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Marion Maréchal, le pari de l'étranger

Marion Maréchal aux Etats-Unis en février 2018.

Marion Maréchal aux Etats-Unis en février 2018. - ALEX WONG / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Ce mardi, elle fera face aux étudiants de la prestigieuse université britannique d'Oxford le temps d'un discours et d'une séance de questions-réponses. Hier, elle se déplaçait aux Etats-Unis, demain, peut-être, au Brésil. Marion Maréchal, désormais directrice de son institut de sciences politiques, se façonne un personnage international.

Elle n'en finit plus de prendre les airs. Ce mardi, Marion Maréchal, qui n'accole plus le nom de Le Pen à celui de l'homme qui l'a élevée, doit s'exprimer devant les étudiants de l'université britannique d'Oxford. Elle s'y rend à l'invitation d'un club de débat antédiluvien, ou presque (il a été fondé en 1823), l'Oxford Union. Durant son intervention, confirmée malgré les réticences des autorités locales, elle abordera le délicat sujet de la fracture séparant les élites et le peuple pendant une vingtaine de minutes. Par la suite, elle répondra aux questions de l'assistance pendant une heure. 

"Elle trépigne" 

"Ce type d'événement donne une certaine crédibilité à mon établissement et me permet de parler politique sans rentrer dans le débat national. C'est à la fois visible et confortable en termes de positionnement", a glissé l'intéressée au Figaro.

Officiellement donc, il s'agit donc de promouvoir son institut de sciences politiques lyonnais, l'Issep, sans pour autant interférer avec le mouvement de sa tante déjà profilé vers les européennes. 

Pour autant, la fièvre politique ne l'a jamais lâchée, d'autant plus dans ce contexte de crise des gilets jaunes, et à l'approche d'un scrutin électoral. "Elle trépigne", a reconnu un membre de son entourage au Figaro. L'ex-députée élue dans le Vaucluse, qui s'est rangée des voitures électorales en 2017, compte multiplier les allers-retours internationaux. Et Oxford n'est pas son premier périple. En février 2018, elle se faisait connaître dans les cénacles conservateurs de Washington en participant à la CPAC, grand raout conservateur. Elle y avait vanté sa conception du souverainisme: 

"Nous devons désormais nous battre pour l’indépendance. Non, la France n’est plus libre. Notre indépendance est entre les mains de l’Union européenne. (...) Je ne suis pas offensée d’entendre Donald Trump dire ‘l’Amérique d’abord’. En fait, je veux ‘l’Amérique d’abord’ pour les Américains, ‘la Grande-Bretagne d’abord’ pour les Britanniques et la ‘France d’abord’ pour les Français."

Voyage italien 

En juillet, en plein air et en petit comité, dans la petite ville ligure de Montemarcello, elle avait abrité sa démarche actuelle, ainsi que la fondation de son école dans la pensée d'un philosophe communiste italien, Antonio Gramsci:

"En vérité, je suis en train de suivre les recommandations d’un certain Gramsci. Enfin, Gramsci sans la lutte des classes, Gramsci sans l’idéologie de la gauche mais Gramsci pour la méthode de conquête du pouvoir. Il a conceptualisé l’idée qu’avant d’espérer vaincre sur le plan politique et électoral il fallait d’abord vaincre sur le plan culturel. C’est précisément l’objet de l’école que je monte."

Marine Le Pen prime toujours 

La tournée internationale de Marion Maréchal devrait passer dans un avenir proche par l'université de Saint-Pétersbourg, selon Le Figaro qui note encore que son agenda lui permet même d'être sélective dans ses trajets.

Ainsi, elle se paie le luxe de faire mariner le nouveau président brésilien, Jair Bolsonaro, dont elle avait reçu par le passé une invitation à un meeting, pour "représenter la France", et à l'intronisation du chef d'Etat. Elle n'avait pas voulu honorer ces deux rendez-vous, prétextant des obligations liées à l'Issep. Et si une autre date est envisagée, elle n'a pas tout à fait les faveurs de Marion Maréchal, qui craint de déranger la campagne du Rassemblement national pour les européennes. 

"Jamais, je n'entrerai dans le jeu d'un conflit avec Marine Le Pen", avait-elle confié à notre chaîne en novembre au moment d'évoquer sa tante. Visiblement, celle-ci a toujours la priorité dans son carnet d'adresses désormais international. 

Robin Verner