BFMTV

Macron assure avoir dit "la vérité" sur Whirpool, Ruffin l'accuse de prendre les salariés "pour des cons"

Le président de la République est en visite à Amiens, où il s'était déjà rendu durant la campagne présidentielle et après son arrivée à l'Elysée.

Face-à-face à Amiens. En visite dans la ville ce vendredi, Emmanuel Macron a assuré avoir "dit la vérité à Whirlpool", alors en grandes difficultés, durant sa visite lors de l'entre-deux tours de la présidentielle. Un peu plus tôt, peu avant une rencontre du chef de l'Etat avec les ex-salariés de l'usine, le député LFI de la Somme François Ruffin a accusé le président de la République de les "prendre pour des cons une deuxième fois".

Emmanuel Macron, natif d'Amiens, s'était rendu cinq mois après son élection à Whirlpool avec un repreneur, largement aidé par l'Etat. Mais cette entreprise (WN), de l'industriel picard Nicolas Decayeux, a été liquidée en août 2019, faute de débouchés commerciaux. Elle employait alors 182 personnes.

"Ce n'est pas la faute de l'Etat"

"Moi j'ai dit la vérité à Whirlpool. (...) Est-ce que j'ai dit: on va tous vous sauver, on va garder l'entreprise ? Non. J'ai dit: ceux qui vous disent ça vous mentent", a déclaré le chef de l'Etat, qui s'était rendu sur le site de l'usine quelques heures après sa rivale de la présidentielle Marine Le Pen. "Je leur ai dit: on va s'engager pour vous", a-t-il ajouté.

"Il y a eu un premier projet mais il n'a pas été au bout. Ce n'est pas la faute de l'Etat ou des services de l'Etat", a plaidé Emmanuel Macron. 

"C'est nous prendre des cons"

En amont de sa visite, le président de la République s'était dit "déçu" de la situation dans une interview au Courrier Picard. Un discours pas suffisant pour François Ruffin, qui a demandé au chef de l'Etat de "trouver les mots pour expliquer aux salariés comment cela se fait qu'il est venu leur taper sur l'épaule et qu'il n'y a eu aucun suivi derrière, et qu'on les a laissés foncer droit dans le mur".

"Venir il y a deux ans dire à tous les salariés qu'ils seront repris alors que derrière il n'y a rien, c'est nous prendre pour des cons. Et venir dire qu'aujourd'hui Emmanuel Macron, comme s'il était un citoyen lambda (...) est déçu, c'est nous prendre pour des cons une deuxième fois", a déclaré le député LFI aux journalistes en arrivant sur le parking de l'usine vendredi matin.
M.D. avec AFP