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Retards à l'école à cause de la prière: Dati demande à NKM de s'expliquer

Rachida Dati sur le plateau de BFMTV, le 2 février 2015.

Rachida Dati sur le plateau de BFMTV, le 2 février 2015. - BFMTV.

Invitée de BFMTV, l'eurodéputée UMP s'étonne des mots de Nathalie Kosciusko-Morizet expliquant sa préoccupation sur des cas de retards à l'école, à Mulhouse, du fait de la prière. "Il faut qu'elle précise ses propos", a martelé Rachida Dati en direction de sa collègue de l'UMP. 

"Si ce n'est pas le cas, il faut faire très attention…" Rachida Dati demande des explications à Nathalie Kosciusko-Morizet. Interrogée par Ruth Elkrief sur BFMTV, la maire du VIIe arrondissement s'étonne de la sortie matinale de la numéro 2 de l'UMP. Face à Jean-Jacques Bourdin, NKM s'était étonné de retard à l'école constatés le matin dans la ville de Mulhouse sous prétexte de respecter les horaires de prières.

Pour appuyer son propos, Nathalie Kosciusko-Morizet s'est livrée à une confidence venue directement de Jean Rottner, maire UMP de la ville et fidèle soutien de Nicolas Sarkozy. Il lui a indiqué que "des dizaines d'enfants" arrivaient "tous les jours en retard parce qu'ils sont à la prière, ils sont emmenés à la prière par leurs parents", a affirmé Nathalie Kosciusko-Morizet sur BFMTV. Ajoutant que lorsque les parents sont convoqués, ils "expliquent qu'il y a des autorités religieuses supérieures". Et de poser la question du placement de ces enfants.

Le maire de Mulhouse confirme mais nuance

Dans la journée, le maire UMP de Mulhouse a confirmé les propos qui lui ont été prêtés. Mais dans une version quelque peu nuancée. D'après lui, les enfants ne sont pas amenés à la prière par leurs parents mais ce sont bien ces derniers qui sont en retard parce qu'ils sont allés eux même à la prière. "Il m'a été rapporté qu'à certaines occasions, des parents amenaient leurs enfants en retard à l'école, arguant que le temps de prière pour eux était prioritaire, et que l'enfant était amené par la suite à l'école, entre autres le vendredi", a-t-il admis à l'AFP. Mais Jean Rottner a également ajouté que d'autres conflits pouvaient exister avec le système scolaire du fait de la pratique religieuse, sous entendu avec la pratique de l'islam plus particulièrement. Il évoque des enfants "déscolarisés de la mi-juin jusqu'à début octobre, car en partant en vacances au pays, les familles sortent leurs enfants du système". "J'ai aussi des demandes de sortie de l'école publique pour motif religieux", ajoute-t-il. 

De son côté, Rachida Dati réclame à plusieurs reprises à NKM de "préciser ses propos". Magistrate dans le passé, elle estime que le "placement d'un enfant, c'est une mesure grave." "On a d'autres propositions beaucoup plus importantes à faire que de dire que pour un retard, on place un enfant", a-t-elle poursuivi. Souvent critique à l'égard de la ligne tenue lors de la dernière campagne présidentielle par la campagne de Nicolas Sarkozy, la maire du VII e arrondissement regrette que son mouvement ait trop "fracturé". "On a parlé de communautarisme. Vous avez vu le résultat? On a perdu." Quant aux retards, elle préfère minimiser la question: "Si ça arrive, l'Education nationale sait très bien résoudre ces problèmes. Quand vous êtes en retard, vous êtes sanctionnés." 

I. V.