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"Race blanche": Morano échappe "pour l'instant" à des sanctions

Aucune sanction n'est officiellement envisagée au sein du parti Les Républicains contre Nadine Morano.

Aucune sanction n'est officiellement envisagée au sein du parti Les Républicains contre Nadine Morano. - AFP

Nadine Morano ne sera pas sanctionnée "pour l'instant" par Les Républicains, après ses propos polémique la semaine dernière. L'eurodéputée avait affirmé à la télévision que la France est "un pays à majorité de race blanche".

Malgré la polémique suscitée par ses propos, y compris dans son camp, Nadine Morano ne sera pas sanctionnée. Il n'est "pour l'instant question d'aucune sanction", a indiqué mardi Sébastien Huyghe, porte-parole des Républicains. Samedi dernier sur France 2, l'eurodéputée avait affirmé à plusieurs reprises que la France est "un pays à majorité de race blanche". 

"Les Républicains réaffirment fortement que les propos de Nadine Morano n'engagent qu'elle. Clairement c'est une faute, c'est une faute qui n'engage qu'elle-même", a martelé le porte-parole du parti. 

Brice Hortefeux chargé d'appeler Nadine Morano

A la tête du parti, Nicolas Sarkozy est resté silencieux. Selon nos informations, Brice Hortefeux, proche de Nicolas Sarkozy, a appelé Nadine Morano pour la faire revenir sur ses propos. Pour l'instant sans succès.

De son côté, Nadine Morano s'est dite victime d'un "procès en sorcellerie", d'un "lynchage médiatique", estimant ses propos "instrumentalisés, en créant des sous-entendus qui n'ont pas lieu d'être." Cela n'a pas suffi à convaincre Nathalie Kosciusko-Morizet, numéro 2 du parti de droite, qui a clairement laissé entendre qu'elle souhaitait une sanction contre l'eurodéputée pour des propos qu'elle a qualifiés "d'exécrables". 

Certains ténors du parti, tel Bruno Le Maire, convaincu que "la France n'est pas une race", ou Alain Juppé, pour qui "la notion de race ne me paraît pas quelque chose d'acceptable", ont condamné la sortie de l'ancienne ministre, sans pour autant réclamer de sanction. "On n'est pas là pour sanctionner, distribuer des bons points et des mauvais points" a indiqué Bruno Le Maire. Le maire de Bordeaux s'est lui refusé à être "le grand excommunicateur". 

La place de Nadine Morano aux régionales en jeu?

Au-delà du parti, les propos de Nadine Morano pourrait lui coûter sa place comme tête de liste pour les régionales en Meurthe-et-Moselle. Les centristes menacent de mettre fin à l'alliance entre les Républicains et l'UDI pour ces élections. "Le minimum, c'est qu'elle revienne sur ses propos, qu'elle s'excuse", indique sur BFMTV Chantal Jouanno. Si la sénatrice UDI de Paris estime que c'est "aux Républicains" de "prendre les mesures qui s'imposent", elle déplore une "erreur majeure dans le cadre d'élections régionales". "Je n'aurais pas pu faire alliance avec une personne qui tient ces propos", ajoute-t-elle. 

A l'Assemblée, les députés PS ont profité de cette polémique pour élargir le propos et s'en prendre à "certains à droite" qui "pètent les plombs (...) et sont en train de courir derrière le Front national". La candidature de Mme Morano dans le Grand Est est, elle aussi, remise en cause par des dirigeants politiques. 

C.B avec AFP