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Propos sur la "race blanche": Morano juge "minables" les critiques de Juppé

L'eurodéputée est revenue, ce mercredi matin sur BFMTV, sur la polémique liée à ses propos sur la "race blanche", et sur les critiques émises au sein de son propre camp.

Invitée ce mercredi sur BFMTV, l'eurodéputée Nadine Morano a dénoncé un "lynchage médiatique" de la part de sa famille politique, après ses propos sur "la France, pays de race blanche". "Que ma famille politique me fasse un procès, je trouve ça déplorable", a réagi Nadine Morano, qui a affirmé ne pas regretter ses propos. "Je ne distingue pas les races, je fais un constat", a-t-elle argumenté.

"Crucifixion" médiatique

"On me dit qu'il est interdit de dire cela en France. J'aurais aimé que dans ma famille politique, on me dise 'est-ce que l'on peut débattre, parce que l'on n'est pas d'accord?'", a-t-elle indiqué.

"Mais me faire un lynchage médiatique, me crucifier médiatiquement, parce que j'ai osé citer les propos du Général de Gaulle, alors qu'aujourd'hui dans notre pays s'installe l'islam radical, et que l'on voit de plus en plus à la sortie des écoles des femmes voilées que l'on ne voyait pas il y a dix ans, et que personne ne s'interroge. J'aurais aimé la même virulence de la part de mes amis politiques pour dénoncer l'imam de Brest qui prêche devant des enfants de 8 ans en leur disant que la musique c'est le diable", a lancé la tête de liste départementale aux régionales en Meurthe-et-Moselle. 

"Je n'ai dit aucun propos discriminatoire, je n'ai dit aucun propos qui peut être attaqué, la preuve c'est que je n'ai aucune plainte me visant. Je pense que mes propos ont été instrumentalisés, et je regrette qu'on instrumentalise mes propos pour blesser des personnes", a-t-elle fait valoir, qualifiant de "minables" les critiques formulées par Alain Juppé.

Critiques chez les Républicains

L'eurodéputée se retrouve sous le feu des critiques au sein de son propre camp après ses propos polémiques, mais la question d'une sanction reste pour le moment écartée, bien que des divergences apparaissent. Certains ténors des Républicains, tels que Bruno Le Maire ou Alain Juppé, ont ainsi condamné la sortie de l'ancienne ministre, sans pour autant réclamer de sanction. Mais la numéro 2 du parti de droite, Nathalie Kosciusko-Morizet, a clairement laissé entendre qu'elle souhaitait une sanction contre l'eurodéputée pour des propos qu'elle a qualifiés "d'exécrables". 

Philippe Richert, tête de liste Les Républicains à la présidence de région dans le Grand Est, a demandé à Nicolas Sarkozy de retirer à Nadine Morano son investiture de tête de liste en Meurthe-et-Moselle. "Sur quelle base? Parce que j'aurais cité le Général de Gaulle?", a réagi l'intéressée sur BFMTV.

"Nous sommes en ce moment dans la primaire chez les Républicains, et il faut abattre ses concurrents", a-t-elle estimé, assurant qu'elle resterait candidate pour les régionales. 

Samedi dernier, sur le plateau de l'émission de France 2 On n'est pas couché, Nadine Morano avait déclaré que, "pour qu'il y ait une cohésion nationale, il faut garder un équilibre dans le pays, c'est-à-dire sa majorité culturelle". "Nous sommes un pays judéo-chrétien, le général de Gaulle le disait, de race blanche, qui accueille des personnes étrangères", avait-elle ajouté. 

Adrienne Sigel