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Primaire à droite: qui sont les sept candidats?

Les sept candidats de la primaire de la droite (Photo d'illustration)

Les sept candidats de la primaire de la droite (Photo d'illustration) - BFMTV

La primaire à droite se jouera entre sept concurrents. Six hommes et une femme. Alors qu'ils ont environ deux mois pour faire leurs preuves avant la tenue du scrutin, retour sur le profil de chacun des candidats.

Ils sont sept candidats. Nicolas, Alain, François, Bruno, Nathalie, Jean-François Jean-Frédéric. Deux mois de campagne et d'innombrables micros. Dans dix semaines, il n'en restera qu'un. Non il ne s'agit pas d'une énième émission télé-réalité mais de la primaire qui doit permettre à la droite de se choisir un champion dans la course à l'Elysée.

Selon le baromètre politique Odoxa de septembre, 84% des sondés estiment que le vainqueur de cette élection a "de grandes chances" de remporter la présidentielle de 2017. Et si certains des sept candidats en lice sont bien connus des Français, d'autres gardent encore leur part de mystère.

Nicolas Sarkozy, le plus offensif

Alors qu'il a joué l'Arlésienne pendant des mois, Nicolas Sarkozy a fini par officialiser sa candidature à la primaire avec la publication de son nouveau livre "Tout pour la France", où il détaille ses propositions de campagne. 

Le volet économique de son programme se caractérise par différentes mesures: baisse de 10% de l'impôt sur le revenu, suppression de l'ISF, de charges pour les entreprises, économies de 100 milliards d'euros, non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite... 

Mais sa campagne a aussi pris un tournant résolument identitaire, notamment avec la dernière sortie en date de l'ex-chef d'Etat:

"Dès que l’on devient français, nos ancêtres sont gaulois".

Une petite phrase largement moquée sur les réseaux sociaux.

Si les sondages n'étaient pas favorables à l'ancien chef de l'Etat âgé de 61 ans, la dernière enquête en date de Harris Interactive pour France Télévisions réduit l'écart entre Nicolas Sarkozy et Alain Juppé à la primaire. 

Nicolas Sarkozy, le 13 février 2016.
Nicolas Sarkozy, le 13 février 2016. © Lionel Bonaventure - AFP

Alain Juppé, le chouchou des sondages

La primaire devrait avant tout se jouer entre l'ancien locataire de l'Elysée et le maire de Bordeaux. Porté au nues par les sondages, Alain Juppé a également derrière lui une grande expérience dans la politique. Il a tour à tour occupé les plus hautes fonctions, notamment celles de Premier ministre et de ministre des Affaires étrangères.

Mais s'il semble qualifié pour le poste, son âge lui est souvent reproché. Il aura 72 ans en 2017. Une critique récurrente à laquelle le candidat oppose la promesse de ne faire qu'un seul mandat.

Ses positions idéologiques sont plus consensuelles que celles de Nicolas Sarkozy, qui brocarde sans ménagement le concept d'"identité heureuse" défendu par l'élu bordelais.

Jacques Chirac disait de lui qu'il était "probablement le meilleur d'entre nous".

Alain Juppé lors d'une visite à Mainbervilliers, en Seine-et-Marne.
Alain Juppé lors d'une visite à Mainbervilliers, en Seine-et-Marne. © Martin Bureau - AFP

François Fillon, le plus lisse

Si Nicolas Sarkozy et Alain Juppé semblent favoris, un autre ancien Premier ministre veut peser dans la balance. François Fillon, 62 ans, a connu tous les postes depuis 1981, quand il a fait son entrée à l'Assemblée nationale.

Lors du quinquennat Sarkozy, l'ex-Premier ministre s'était illustré par une phrase austère dès son premier déplacement officiel en Corse:

"Je suis à la tête d'un Etat en faillite".

Après 2012, il a tenté également de prendre la tête de l'UMP (ancien nom de Les Républicains). Mais il a échoué face à Jean-François Copé et une guerre intestine a tiraillé le parti jusqu'au retour de Nicolas Sarkozy à la présidence de la formation.

Son programme économique se caractérise par du sérieux budgétaire. Parmi ses mesures phares: 110 milliards d'économies en cinq ans, suppression des 35 heures, de l'ISF, retraite à 65 ans...

Depuis quelques semaines, le candidat a multiplié les attaques à l'encontre de Nicolas Sarkozy, notamment sur sa stratégie avec les électeurs frontistes et les affaires dans lesquelles il est impliqué. Il a également confié avoir "parfois serré des dents" lorsqu'il était Premier ministre sous les ordres de celui qui est aujourd'hui son adversaire.

François Fillon le 13 février 2016 à Paris.
François Fillon le 13 février 2016 à Paris. © Lionel Bonaventure - AFP

Bruno Le Maire, l'ambitieux

L'autre challenger de cette primaire qui espère se faire un nom, c'est Bruno Le Maire.

A 47 ans, l'ancien bras droit de Dominique de Villepin veut se placer en candidat du renouveau. S'il a pour lui sa jeunesse, il reste néanmoins un pur produit de l'establishment. Ecole normale supérieure, Sciences-Po, ENA... le député de l'Eure est passé par les plus prestigieuses écoles de la République. Un parcours sans faille qui ne l'a pas empêché de déclarer que "mon intelligence est un obstacle". Phrase qui lui a valu le prix de l'humour politique cette année. 

Son programme matérialise son désir d'incarner le changement. Il souhaite plus de transparence et non-cumul des mandats en politique.

Nathalie Kosciusko-Morizet, la modernité pour ambition

La plus jeune candidate de ce scrutin est une femme et elle est la seule. A 43 ans, Nathalie Kosciusko-Morizet devra batailler contre six hommes.

Ancienne proche de Nicolas Sarkozy dont elle fut ministre de l'Environnement, elle veut désormais faire entendre sa petite musique. Cette polytechnicienne cultive un style à part, celui d'une ambitieuse qui construit sa carrière dans un univers dominé par les hommes.

"Elle cherche à établir un rapport de force avec les gens en face d'elle", analyse la rédactrice en chef politique de Marianne. La députée aime intimider, "sait cogner" selon un journaliste à Paris Match, et n'hésite pas, en privé, à s'en prendre aux membres des Républicains. Elle est d'ailleurs très isolée dans son propre parti.

"Nous avons changé de monde", le leitmotiv de NKM et titre de son dernier livre, traduit son ambition de penser la modernité mieux que ses adversaires.

Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate à la primaire de la droite et du centre, et députée Les Républicains de l’Essonne
Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate à la primaire de la droite et du centre, et députée Les Républicains de l’Essonne © Capture d'écran BFMTV

Jean-François Copé, le revenant

Après une victoire très controversée face à François Fillon pour la présidence de l'UMP en 2012, Jean-François Copé a été poussé à la démission de son poste lors de la révélation de l'affaire Bygmalion deux ans plus tard.

Depuis son non-lieu en septembre 2015 et après 18 mois de diète médiatique, le maire de Meaux a mis en scène son come-back en janvier. Déclarant être revenu "des profondeurs de la terre", le candidat de 52 ans assure que sa traversée du désert lui a permis de changer et a dit notamment regretter la controverse sur le "pain au chocolat"

Comme son ancien rival à la tête de l'UMP, il y est également allé de son petit commentaire sur l'ancien chef de l'Etat:

"Si j'avais été mis en examen, je n'aurais jamais été candidat pour la primaire", avait-il affirmé quelques heures après la demande de renvoi en correctionnelle de Nicolas Sarkozy par le parquet de Paris dans le rocambolesque dossier Bygmalion.
Jean-François Copé a subi une large défaite lors de la primaire.
Jean-François Copé a subi une large défaite lors de la primaire. © Damien Meyer -AFP

Jean-Frédérique Poisson, le plus conservateur

Dernier sur cette longue liste de candidats à la primaire de droite, Jean Frédéric Poisson est le seul à ne pas être issu des Républicains. Il est aussi le moins connu de tous et n'est crédité que d'1% d'intentions de vote selon un sondage pour France Télévisions.

Actuel président du PCD (Parti Chrétien-démocrate) et ancien bras droit de Christine Boutin, ce souverainiste semble surtout être le plus droitier des prétendants. Il revendique sans détour sa proximité idéologique avec Marion Maréchal-Le Pen. 

Jean-Frédéric Poisson, l'un des 7 candidats de la primaire à droite
Jean-Frédéric Poisson, l'un des 7 candidats de la primaire à droite © Joel Saget -AFP

Il reste environ deux mois aux candidats pour convaincre les électeurs. Le scrutin aura lieu les dimanches 20 et 27 novembre. Le vainqueur représentera la droite à la présidentielle de 2017.

Marie-Caroline Meijer