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Primaire à droite: ce que vont défendre les candidats sur l'éducation 

Les sept candidats de la primaire de la droite (Photo d'illustration)

Les sept candidats de la primaire de la droite (Photo d'illustration) - BFMTV

Les 7 candidats à la primaire à droite vont s'affronter pour la 2e fois à la télévision, sur BFMTV le 3 novembre prochain. L'un des thèmes abordés: l'éducation. De quoi soulever des polémiques entre concurrents.

Lors du deuxième débat de la primaire à droite, les candidats vont s'affronter autour de plusieurs questions: parmi elles, l'éducation. Un thème sur lequel les sept concurrents n'ont pas manqué de plancher rapidement. On retrouve dans leurs programmes des attachements communs, mais aussi des nuances importantes et des propositions originales.

>> Retrouvez le deuxième débat de la primaire à droite le jeudi 3 novembre sur BFMTV.

> L'autonomie des établissements

C'est une proposition qui remporte l'adhésion chez les candidats: donner davantage d'autonomie aux établissements scolaires. Il s'agit d'accorder plus de marge de manœuvre aux chefs d'établissements pour gérer leur budget, l'organisation des emplois du temps comme leur équipe pédagogique: un programme revendiqué par la droite depuis de nombreuses années. Corollaire à cette autonomie accrue, la fin du collège unique: seule Nathalie Kosciusko-Morizet le défend.

L'université n'est pas en reste: chacun plaide pour une autonomie accentuée, avec des moyens différents. NKM, Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé défendent une sélection à l'entrée dès la licence. La première la souhaite "via le mérite et le travail", tandis que le dernier souhaite instaurer une sélection… dès la terminale, avec examen du dossier scolaire, épreuves d'admissibilités écrites et orales.

> L'augmentation du temps de présence des enseignants

Nicolas Sarkozy a fait polémique avec ses déclarations: selon lui, les enseignants travaillent seulement 6 mois par an, en comprenant les vacances scolaires - une affirmation contestée depuis par les syndicats. Il veut donc augmenter de 25% leur temps de travail, en contrepartie d'une augmentation de salaire du même taux. Et il n'est pas le seul: c'est aussi le cas de François Fillon, qui veut accroître le temps de présence "pour accompagner les élèves" et développer le contact avec les parents. Mais l'augmentation de salaire ne se fera pas automatiquement: elle sera mesurée au mérite.

Alain Juppé, lui, promet 10% d'augmentation en échange d'une présence accrue dans les établissements, fruit d'une répartition différente de leur présence actuelle. Bruno Le Maire, lui aussi, veut que les profs soient plus présents: à l'école, ils devront enseigner 26h par semaine, au collège 20h par semaine, et au lycée 18h. Le tout accompagné d'une contrepartie financière, qui n'est pas chiffrée. 

> La valorisation de l'apprentissage

Ils sont un certain nombre à brandir l'apprentissage comme une solution pour sortir les jeunes du chômage. Pour cela, à chacun sa solution: Nicolas Sarkozy veut passer l'âge minimum de l'apprentissage de 16 à 14 ans, tout comme Jean-François Copé. Pour mieux valoriser cette filière "noble" comme aiment à la qualifier les candidats, François Fillon veut redéployer les fonds destinés aux emplois aidés vers l'embauche d'apprentis, et augmenter leur rémunération.

De son côté Bruno Le Maire préconise la création d'écoles professionnelles pour renforcer l'apprentissage, conséquence de la fusion des lycées professionnels, des CFA et des Greta. Des établissements pilotés par les régions, qui donneraient "de vraies qualifications" et permettraient aux entreprises de participer.

> La vision de l'Histoire de France

C'est sans doute ce qui les divise le plus: comment l'histoire doit-elle être enseignée à l'école? Là encore, Nicolas Sarkozy a fait polémique en évoquant le "roman national" en tant qu'héritage revenant à tout nouveau Français. "A l'école on apprend l'histoire de France, pas l'histoire de ses parents", avait-il affirmé. La question est devenue éminemment politique.

Et même si certains de ses rivaux ont tenté de se démarquer de ses déclarations, Bruno Le Maire et Jean-Frédéric Poisson ont une vision assez proche de la question: Bruno Le Maire veut "revaloriser l'enseignement de l'histoire nationale", et Jean-Frédéric Poisson souhaite privilégier un enseignement chronologique de l'histoire.

> Et le reste...

Pas facile de se différencier les uns des autres lorsqu'on appartient tous au même camp. Mais si de nombreuses propositions vont dans la même direction concernant l'éducation, chaque candidat a pris soin d'émettre les siennes. Jean-François Copé préconise deux grandes évaluations en CE1 et CM2, quand François Fillon veut lui avancer la scolarité obligatoire à 5 ans, au lieu de 6. Pour venir en aide aux élèves défaillants, Nicolas Sarkozy veut créer un "CP+" à effectifs réduits.

Du côté d'Alain Juppé, l'originalité réside par exemple dans sa volonté d'engager des animateurs linguistiques dans les crèches, afin de stimuler les capacités des jeunes enfants. On signalera encore la volonté de NKM de supprimer le statut de fonctionnaires aux profs, ou encore le relèvement du ratio entre écoles publiques privées soutenu par Jean-Frédéric Poisson. Enfin Jean-François Copé souhaite rendre obligatoire le lever de drapeau, le chant de la Marseillaise et le port de l'uniforme à l'école.

>> Retrouvez notre comparateur de programmes des candidats:

Ariane Kujawski