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Nadine Morano s’interpose face à Rachid Nekkaz, venu payer une amende pour port du niqab

Nadine Morano a tenté de s'interposer face à Rachid Nekkaz à Toul.

Nadine Morano a tenté de s'interposer face à Rachid Nekkaz à Toul. - Capture vidéo

Un face à face tendu a eu lieu vendredi à Toul, en Meurthe-et-Moselle, entre Nadine Morano et Rachid Nekkaz. La députée européenne a voulu empêcher l'homme d'affaires algérien de pénétrer dans le centre des finances publiques pour payer l'amende d'une femme verbalisée pour le port du niqab.

En arrivant devant le centre des finances publiques de Toul vendredi, Rachid Nekkaz a eu droit à un comité d'accueil. Seul et à pied, Rachid Nekkaz, qui avait annoncé sur Facebook sa venue dans les terres de Nadine Morano, est arrivé au centre des finances publiques vers 15 heures, portant un foulard représentant le drapeau algérien. Ce promoteur immobilier, adepte des coups médiatiques, a brandi une enveloppe contenant "un chèque" pour payer la "1.170e amende d'une citoyenne française" verbalisée pour port du niqab, a-t-il affirmé, tout sourire. 

"J'ai l'immunité parlementaire"

Quand Rachid Nekkaz a voulu entrer dans les locaux de l'hôtel des impôts, Nadine Morano a cherché à s'interposer en faisant barrage avec son corps. L'altercation, signalée par la direction de l'hôtel des impôts, a déclenché l'intervention de la police qui a demandé à Nadine Morano de s'écarter pour laisser passer Rachid Nekkaz, sous le regard de contribuables interloqués. "Ne me touchez pas", s'est exclamée l'eurodéputée, "vous savez que j'ai l'immunité parlementaire", a-t-elle poursuivi avant de fustiger l'intervention de la police. Une scène qu'elle a relayée en vidéo sur son compte Twitter. 

"Même la police fait en sorte d'ouvrir la voie à Monsieur Nekkaz, je ne pensais pas que la France tomberait si bas", a commenté Nadine Morano. Accompagnée d'une vingtaine de sympathisants, Nadine Morano s'était installée dès 14 heures sur le perron de l'hôtel des impôts pour s'opposer à Rachid Nekkaz. De vifs échanges ont alors fusé entre l'eurodéputée et l'homme d'affaires algérien. Décontracté, Rachid Nekkaz a proposé à Nadine Morano de lui serrer la main mais cette dernière a refusé, disant ne pas serrer la main de "quelqu'un qui méprise la loi française".

Nadine Morano réclame l'expulsion de Rachid Nekkaz

A l'occasion de sa venue à Toul, Rachid Nekkaz avait invité Nadine Morano à déjeuner mais cette dernière avait décliné. "Je ne représente aucun trouble à l'ordre public", a lancé Rachid Nekkaz qui a affirmé s'inscrire dans une "position voltairienne et pacifiste", répétant être "opposé à titre personnel au port du niqab". "Vous détournez la loi (...) Personne n'est dupe de la manière dont vous êtes en train de répandre l'islam en France", lui a rétorqué l'eurodéputée, qui réclame "l'expulsion immédiate" de Rachid Nekkaz et "le blocage de ses comptes bancaires". Rachid Nekkaz a ensuite pu quitter l'hôtel des impôts par une autre porte de sortie. Promoteur immobilier, Rachid Nekkaz affirme mener un combat au nom du "respect des libertés fondamentales".

La loi "interdisant la dissimulation du visage dans l'espace public", promulguée le 11 octobre 2010 par le président Nicolas Sarkozy, punit d'une amende pouvant aller jusqu'à 150 euros le port du niqab (voile qui ne montre que les yeux) ou de la burqa (qui les cache derrière un tissu à mailles). Dans l'entourage du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, on rappelle qu'un amendement a été introduit par le gouvernement au projet de loi "Egalité et Citoyenneté", visant à interdire le paiement des amendes par des tiers, "pour permettre de sanctionner ce genre de pratiques". Cet amendement a été voté au Sénat vendredi matin

C. B avec l'AFP