BFMTV

Municipales: NKM noyée dans les divisions de la droite parisienne

François Fillon et Nathalie Kosciusko-Morizet, le 2 décembre dernier, lors de l'inauguration du QG de la candidate.

François Fillon et Nathalie Kosciusko-Morizet, le 2 décembre dernier, lors de l'inauguration du QG de la candidate. - -

A trois mois des municipales, la campagne de Nathalie Kosciusko-Morizet souffre des tensions chroniques au sein de la droite parisienne.

"Vivement les vacances!", lâche un porte-parole de Nathalie Kosciusko-Morizet. "La trêve de Noël va venir à point nommé", renchérit un maire d'arrondissement UMP. Les proches de NKM ne le cachent plus: la campagne de leur protégée est en chute libre, donnant l'impression ces derniers jours que la droite à Paris n'a de pire ennemi qu'elle-même.

Le fils Tiberi qui s'accroche à son fief du Ve, le député Lellouche qui provoque un imbroglio dans le VIIIe, seize dissidents déjà suspendus dans sept arrondissements… Les nuages s'accumulent chaque jour dans le ciel déjà bien sombre de la campagne de NKM.

Dans le VIIIe arrondissement, un des huit gérés par la droite, où elle n'est pas menacée, la situation est plus que tendue. L'homme d'affaires Charles Beigbeder, proche de Jean-François Copé, a piqué une colère en apprenant son éviction de la deuxième place dans le VIIIe, qui garantissait son entrée au Conseil de Paris. Il a fustigé "la basse magouille politicienne", accusé NKM d'être "très méprisante", et menacé de "fédérer" les dissidents. A la manière de Jean Tiberi en 2001, quand le RPR avait préféré investir Philippe Séguin.

Furieux, Charles Beigbeder a affirmé que beaucoup de gens à droite ne voulaient pas de NKM, évoquant notamment Serge Federbusch. Cet élu du Xe, qui souhaite fédérer tous les dissidents UMP a notamment déclaré au Figaro que "la campagne de NKM était morte".

Malaise à l'UDI

Au centre, ça coince aussi. L'accord UMP-UDI-MoDem conclu le 5 décembre peine à se traduire concrètement. La constitution de 20 listes d'union vire au casse-tête et va forcément faire des déçus. Certains mécontents parlent déjà de monter des listes en parallèles.

Mais l'attaque la plus douloureuse a peut-être été portée par "une alliée": Bernadette Chirac venue apporter mercredi son soutien à NKM lors de la visite d'un hôpital parisien.

A cette occasion, l'ex-première dame s'est retrouvée assaillie de questions concernant les chances de l'ancienne ministre de l'Ecologie de gagner la campagne. L'épouse de Jacques Chirac s'est déclarée certaine que NKM gagnerait… avant d'évoquer avec une certaine nostalgie l'époque où elle "partait à l'assaut" de la capitale avec Xavière Tiberi, et comment cette dernière, dans les rues commerçantes, avait un mot pour chacun. "Tout ce que j'ai appris de la politique de terrain, c'est Xavière qui me l'a appris", a-t-elle rappelé.

Or le nom des Tiberi est tabou dans la campagne de NKM. Le fils de Jean et Xavière, Dominique, maintient sa candidature dans le Ve arrondissement, au grand dam de NKM et de l'UMP.

Le coup de poignard de Bernadette Chirac

Cette simple anecdote s'apparente pour certains à un véritable coup de poignard devant les caméras. En évoquant Xavière Tiberi et la politique de terrain, Bernadette Chirac donne du grain à moudre aux détracteurs de NKM, qui la qualifie notamment de "bourgeoise" et "déconnectée" du monde réel.

Rare éclaircie dans la tempête, le soutien de François Fillon jeudi à sa campagne lors de l'inauguration d'une permanence du IVe arrondissement. Un soutien auquel s'ajoute celui de Bruno Le Maire, qui a appelé à "faire bloc" pour soutenir Nathalie Kosciusko-Morizet. Elle est "le seul espoir pour nous de gagner Paris", a-t-il souligné. Une conclusion qui n'est pas partagée par tout le monde à droite.

Emmanuel Bringuier avec AFP