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Liste nationale aux européennes: les Républicains fustigent une "manipulation électorale"

Edouard Philippe a reçu les chefs de partis ce mercredi à Matignon.

Edouard Philippe a reçu les chefs de partis ce mercredi à Matignon. - Bertrand Guay - AFP

Les Républicains, représentés par Bernard Accoyer, sont le seul parti à rejeter le changement de scrutin proposé par Edouard Philippe en vue des prochaines élections européennes.

Ce mercredi, le Premier ministre Edouard Philippe a présenté à chaque chef de parti la nouvelle règle de scrutin pour les élections européennes de 2019: désormais, les circonscriptions multi-régionales sont abandonnées, au profit d'une liste nationale.

Une annonce très bien reçue par l'ensemble des responsables, à l'exception des Républicains. Représentés par leur secrétaire général Bernard Accoyer, ces derniers ont dénoncé mercredi une "manipulation électorale".

"Il s'agit d'abord et avant tout de favoriser les candidats d'Emmanuel Macron avec la constitution d'une liste fourre-tout abritant les candidats LREM dépourvus d'attache territoriale et des partis sous tutelle d'En Marche", écrit Bernard Accoyer.

Le député européen Jean Arthuis, pourtant proche de LaREM, a quant à lui fait part de son scepticisme.

L'UDI, le MoDem et le FN satisfaits

La circonscription nationale unique, en vigueur depuis les premières élections européennes de 1979 et jusqu'en 1999, avait été abandonnée pour les européennes de 2004. Depuis, la France était divisée en huit circonscriptions (Est, Ouest, Ile-de-France, Outre-mer...). S'il rebascule vers une unique circonscription nationale, le projet de loi doit toutefois maintenir la barre existante des 5% des suffrages exprimés pour obtenir au moins un élu.

Si les Républicains ont exprimé leur désaccord face à la proposition d'Edouard Philippe, l'UDI, le MoDem mais aussi le FN et Debout la France ont vu dans ce retour une annonce positive. "Je suis d'autant plus satisfaite que nous avons toujours été des défenseurs de la circonscription unique, qui correspond à notre vision patriote", a salué Marine Le Pen pour le FN.

Fort de ce quasi-consensus, l'exécutif devrait disposer d'une solide majorité pour le projet de loi en cours de préparation, qui doit être examiné début 2018 au Parlement.

Ariane Kujawski