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La gauche attaque le "retour" de Sarkozy

La simple venue de Nicolas Sarkozy au siège de l'UMP fait des remous.

La simple venue de Nicolas Sarkozy au siège de l'UMP fait des remous. - -

Pour la première fois depuis 2007, Nicolas Sarkozy retourne à l'UMP, un non-événement, veulent croire les socialistes.

Pour la première fois depuis 2007, Nicolas Sarkozy se rend ce lundi à l'UMP pour un "bureau politique extraordinaire" afin d'y délivrer "un message de soutien", après l'invalidation jeudi dernier de ses comptes de campagne. Une invalidation qui l'amène à revenir sur le devant de la scène UMP plus tôt que prévu. Alors que la presse s'agite avant ce potentiel retour de l'ancien président, les socialistes sortent les griffes.

Après Ségolène Royal dimanche, le ministre du Travail, Michel Sapin, a estimé sur iTélé que Nicolas Sarkozy avait "sciemment" fraudé. "Le non respect des comptes, il savait. C'est sciemment fait. Il a fraudé", a déclaré vertement Michel Sapin.

Aussi le ministre refuse-t-il l'idée que Nicolas Sarkozy puisse se poser en victime, comme l'ancien chef de l'Etat a tenté de le faire vendredi dans un message posté sur son compte Facebook. "Il veut toujours croire qu'il est la victime de quelque chose; il est la victime de lui-même en l'occurrence", a réagi le ministre socialiste.

Promesses non-tenues

François Rebsamen, lui aussi proche de François Hollande, a de son côté estimé dans les colonnes du Parisien que le retour de l'ex-président "n'est pas un événement politique en soi". Le chef de file des sénateurs socialistes estime que Nicolas Sarkozy "se montre incapable de maîtriser le temps", rappelant ses promesses: "Si je ne suis pas élu, vous ne me verrez plus, disait-il. Visiblement, il ne tient pas sa propre parole".

Le député Jean-Christophe Cambadélis tente lui aussi de minimiser l'événement, "Sarkozy soude la droite autour de lui mais il mobilise les Français contre lui", déclare-t-il dans Le Figaro

Dans le même journal, l'ancien président de SOS racisme Malek Boutih refuse pourtant de sous-estimer Nicolas Sarkozy. "Ce retour, c'est la résolution de la crise de leadership qui minait la droite", analyse-t-il. "L'UMP sera plus forte, plus dure. Pour la gauche, ce n'est pas une bonne nouvelle", met en garde le député de l'Essonne.

Le Conseil constitutionnel a confirmé le 4 juillet le rejet des comptes de la campagne présidentielle de 2012 de Nicolas Sarkozy, qui excédaient de 2,1% (un peu plus de 466.000 euros) le plafond autorisé. 

A.D. avec AFP