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L'Europe revue et corrigée par Renaud Muselier

Le candidat UMP aux Européennes dans le Sud-Est, Renaud Muselier

Le candidat UMP aux Européennes dans le Sud-Est, Renaud Muselier - -

INTERVIEW - Fier d'une "Europe en paix depuis 60 ans", l'ancien secrétaire d'Etat et bras droit de Jean-Claude Gaudin à Marseille, livre ses ambitions pour une Union européenne plus forte. A commencer par une "politique diplomatique commune".

Il avait annoncé la fin de sa carrière politique après sa défaite aux législatives de 2012 et renoncé ainsi à briguer la mairie de Marseille en 2014. Renaud Muselier est finalement tête de liste UMP aux élections européennes dans la région Sud-Est face notamment à Vincent Peillon (PS) et Jean-Marie Le Pen (FN). "Européen convaincu" mais "pas toujours convaincu par l'Europe actuelle", l'ancien secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères de Jacques Chirac se dit "persuadé" de la victoire de l'UMP dimanche soir mais aussi de celle de son parti, le PPE, à l'échelle de l'Union européenne.

> SON POINT DE VUE

# Un dossier à retenir de la Commission Barroso. "Sans hésitation la gestion de la politique agricole commune", créée dès 1957, explique Renaud Muselier à BFMTV.com, car "la PAC représente 40% du budget total de l'Europe, concerne l'intégralité des 25 pays de l'UE et, pour la France, elle représente un apport essentiel". A titre personnel, José Manuel Barroso a su "en tant que président, sauver l'euro et faire de l'UE la première puissance économique mondiale".

# Sur le désintérêt des citoyens pour l’Europe. "Il est nécessaire de parler plus de l'Europe aux citoyens", estime-t-il. "La politique en France doit dépasser la salle des 4 colonnes [Où les députés et les journalistes se rencontrent à l'Assemblée nationale, NDLR]. Je sens chez les électeurs une envie de comprendre". Pour Renaud Muselier il est important de cesser de "faire passer l'Europe pour le responsable de tous les maux. Elle n'est pas responsable de toutes les mauvaises décisions prises dans le pays. En France, c'est une bien mauvaise habitude".

# Sur le traité transatlantique. "Ce texte est indispensable" pour Renaud Muselier. "La première et la deuxième puissance économique doivent travailler ensemble et des passerelles doivent être créées. Il faut entreprendre les mêmes démarches avec la Chine, l'Afrique ou le Brésil".

> SES IDEES

# Sur la politique étrangère. "L'Union européenne doit être capable de présenter un seul interlocuteur et d'avoir une vraie politique diplomatique commune aux 28. Elle est aujourd'hui inexistante. Dans la crise ukrainienne, les Etats-Unis et la Russie ont supplanté l'UE, explique-t-il. La France grâce à son double levier de membre permanent du Conseil de sécurité et par sa place dans le couple franco-allemand doit être bien plus présente et imposer sa vision comme ce fut le cas avec Nicolas Sarkozy mais aussi avec Dominique de Villepin en 2002 au moment de la guerre en Irak. Je regrette d'ailleurs l'absence de François Hollande à ce niveau".

# Son dossier prioritaire de la prochaine mandature? "Trois domaines ont mon intérêt: les affaires étrangères car il s'agit de mon domaine de compétence, les transports et le tourisme car ils sont essentiels pour ma région et enfin la politique énergétique de l'Europe car c'est un enjeu majeur pour l'avenir". Et s'il ne devait y avoir qu'un seul dossier à porter? "Le rapprochement franco-allemand et la constitution d'un pôle méditerranéen [Renaud Muselier a été Président du Conseil culturel de l'Union pour la Méditerranée, nommé par Nicolas Sarkozy en 2009, NDLR]".

# Son Europe idéale. "Une Europe politiquement forte pour éviter de subir les aléas de la technocratie, une Europe qui reste un leader économique et une Europe juste socialement et fiscalement", appelle Renaud Muselier de ses voeux. "Beaucoup reste à faire, je suis réaliste quant à l'Etat de l'UE même si beaucoup a déjà été fait. L'Europe est un havre de paix, c'était quelque chose de difficile à obtenir".

|||> La fiche de Renaud Muselier

• Né le 6 mai 1959 à Marseille - 55 ans
• Parti: UMP - PPE
• Secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères de 2002 à 2005, député des Bouches-du-Rhône de 2002 à 2012, conseiller régional et général et ancien adjoint de Jean-Claude Gaudin à la mairie de Marseille
• Etudes: médecine

Samuel Auffray