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L'Europe revue et corrigée par Karima Delli

Karima Delli se présente en tant que tête de liste EELV dans la région Nord-Ouest.

Karima Delli se présente en tant que tête de liste EELV dans la région Nord-Ouest. - -

INTERVIEW - A 35 ans, la jeune eurodéputée EELV brigue un deuxième mandat. Pour BFMTV.com, elle livre sa vision sans concession de l'Europe version Barroso, et détaille les projets qu'elle compte porter les cinq prochaines années.

L’élection de Karima Delli au Parlement européen, en 2009, ressemblerait presque à un conte de fée. Quatrième sur la liste EELV en Ile-de-France, cette militante au sein du collectif Jeudi Noir, en pleine préparation d’un doctorat en sciences-politiques, ne figurait a priori pas en position éligible. Mais le score inespéré de Daniel Cohn Bendit (20,86%) lui a ouvert la porte du Parlement européen. Cinq ans plus tard, c’est en tant que tête de liste dans le Nord-Ouest qu’elle tentera de conserver son siège.

> SON POINT DE VUE

# Sur l’Europe de la Commission Barroso. Pas franchement emballée par l’ultralibéralisme des dirigeants en place, Karima Delli décrit "une Europe du renoncement, qui n’a pas mis en place de vraie transition écologique et énergétique, n’a pas su se doter d’un vrai budget".

Elle dénonce également les choix effectués "dans le dos des citoyens", citant les différentes politiques d’austérité, ou encore le traité transatlantique.

# Sur le désintérêt des citoyens pour l’Europe. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce désamour, selon l’eurodéputée. D’abord, le fait que l’Europe soit toujours "le bouc émissaire lorsque les Etats sont incapables de mener une politique nationale". Le traitement médiatique de l’actualité européenne y contribuerait également: "on entend surtout ceux qui font beaucoup de bruit pour rien, souvent les eurosceptiques", quand certains médias se désintéressent purement et simplement du sujet.

# Sur le traité transatlantique. "A EELV, nous avons toujours été cohérents", assure-t-elle. Nous demandons l’arrêt des négociations". Car en dehors de l’opacité dans laquelle ces dernières sont menées, "ce traité va faire passer l’intérêt des multinationales au-dessus de l’intérêt général".

Karima Delli s’inquiète également de voir "toutes les normes revues à la baisse", notamment en ce qui concerne les OGM ou le gaz de schiste. "Qui a écrit la feuille de route? Les multinationales", déplore-t-elle.

> SES IDEES

# Sur la politique étrangère. "Il faut se doter d’une véritable diplomatie européenne, que l’UE parle d’une seule voix", suggère l’élue. Selon elle, la situation ukrainienne en est un bon exemple: "nous ne voulons pas de négociations uniquement sur le gaz, nous voulons une diplomatie de la paix".

# Son dossier prioritaire de la prochaine mandature? "Il y a beaucoup de dossiers" soupire Karima Delli, citant notamment le chômage des jeunes ou le salaire minimum européen. Mais l’écologiste a un projet qui lui tient particulièrement à cœur: "je veux participer à la création d’une communauté européenne des énergies renouvelables". 

# Son Europe idéale. Interrogée sur l’Union européenne qu’elle rêverait de construire, l’eurodéputée décrit "une Europe fédérale, plus solidaire, qui partage. Une Europe plus démocratique, dans le but de mieux vivre ensemble".

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> La fiche de Karima Delli

• Née le 4 mars 1979 – 35 ans.

• Originaire de Roubaix (Nord).

• Parti: Europe Ecologie Les Verts.

• Députée européenne depuis 2009.

• Etudes: BTS en action commerciale-DEA de science politique.

• En savoir plus (site officiel)

Yann Duvert