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Les Républicains se plaignent: "l'Assemblée n'est pas la cour du Roi"

Christian Jacob

Christian Jacob - CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Les Républicains sont exaspérés par l'attitude de certains ministres, jugés arrogants.

Les ministres se croient-ils tout permis ? C'est en tout cas ce que les députés Les Républicains reprochent aux membres du gouvernement. Selon RTL, le patron des députés de droite, Christian Jacob, n'a que peu goûté l'heure et demi de retard du ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin en séance lundi.

"Sous Philippe Séguin, au bout de cinq minutes d’attente, il aurait éteint la lumière et fermer la porte", s'est agacé Christian Jacob lors de la conférence des présidents, qui regroupe les "cadres" de l'Assemblée nationale.

Une exaspération partagée par Éric Woerth, président de la commission des finances, que l'attitude des locataires de Bercy - Bruno Le Maire, Gérald Darmanin et Benjamin Griveaux - lors de la présentation du budget à l'Assemblée a ulcéré. Un député LR raconte, toujours à RTL, que l'ancien ministre avait été obligé d'aller chercher le trio, qui déjeunait dans une salle de l'Assemblée alors que les membres de la commission les attendaient.

Liberté de conscience

La discipline de fer imposée aux députés macronistes choque également leurs collègues des Républicains. Éric Woerth s'agace: "Il faut une autorisation pour prendre la parole, une autorisation pour déposer un amendement. Pasqua l'avait rêvé, Macron l'a fait !"

Le député du Lot Aurélien Pradié a, pour sa part, adressé un courrier au président de l'Assemblée nationale, François de Rugy, pour se plaindre d'une "violation de la liberté de conscience" des députés. Les règles internes très strictes du groupe majoritaire - interdiction de signer un amendement venu d'un autre groupe parlementaire, par exemple - risquent selon l'élu de faire de l'Assemblée un "parlement Darty", en charge du service après vente du gouvernement. "L'Assemblée nationale n'est pas la cour du Roi", s'émeut l'élu, oubliant que la règle était la même dans le groupe socialiste de la précédente mandature. 

Louis Nadau