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Règlement du groupe LREM à l'Assemblée: les macronistes doivent marcher droit

Richard Ferrand, président du groupe LREM à l'Assemblée.

Richard Ferrand, président du groupe LREM à l'Assemblée. - MARTIN BUREAU / AFP

Le règlement intérieur du groupe parlementaire La République en marche laisse une marge de manœuvre très limitée aux élus.

Avec l'étiquette La République en marche, difficile de ne pas passer pour un député godillot. Le Canard enchaîné révèle ce mercredi certains passages du règlement intérieur très strict du groupe parlementaire majoritaire, placé sous la férule de Richard Ferrand, également secrétaire général d'En Marche. Une discipline de fer qui renforce le malaise provoqué par les applaudissements sur commande dans l'Hémicycle et le mutisme des députés de la majorité en commission. 

On trouve parmi les articles du texte des dispositions relevant de la "bonne conduite", comme la possibilité d'exclure un député après "deux absences successives", et d'autres, beaucoup plus politiques. L'article 10 précise ainsi que les parlementaires "s'engagent à respecter la stricte confidentialité des débats" lors des réunions de groupe. Pas question de "déposer des propositions de loi, des questions écrites ou des questions d'actualité" sans "en faire part au président du groupe".

"Pratiques claniques"

Surtout, l'article 16 verrouille complètement la marge de manœuvre des députés de La République en marche, à qui il est défendu de cosigner une proposition ou un amendement "issus d'un autre groupe parlementaire", sous peine d'être convoqué par le président du groupe, déferré devant le bureau de LREM et possiblement exclu, comme le précise l'article 19 de ce règlement.

"C'est un copier-coller des règles du groupe PS", s'étrangle dans Marianne un député LREM. "Ce genre de pratiques claniques, c'est la culture socialiste, pas la culture En Marche", regrette-t-il, soulignant que Richard Ferrand et Jérôme Taillé-Rousseau, secrétaire général du groupe, sont issus des rangs socialistes. L'intransigeance du groupe majoritaire, en rupture avec la volonté œcuménique affichée par Emmanuel Macron, est d'autant plus étonnante que ce dernier compte plusieurs alliés à l'Assemblée, avec les groupes Modem et "Constructifs". 

Louis Nadau